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ABDOULAYE DIOUF SARR FAVORI DE BBY, AMADOU BA EN RETRAIT

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Dakar est, comme à l’accoutumée, l’enjeu principal des prochaines élections locales prévues le 23 janvier 2022. La capitale retient l’attention particulière du chef de l’État. Pour des considérations stratégiques aisées à comprendre, mais également pour une question de prestige. Dakar échappe au pouvoir en place depuis l’époque Wade, et Pape Diop qui a dirigé la capitale entre 2002 et 2009.

Preuve de cette importance cruciale pour le chef de l’Etat, lors du dernier scrutin local à Dakar, c’est sa première ministre de l’époque, Aminata Touré qu’il avait envoyée en première ligne batailler contre Khalifa Sall. Pour une mission non accomplie, Benno Bok Yakaar (BBY) échappant même de justesse à la complète Bérézina dans tout le Département.

Pour 2022, deux figures semblent se détacher dans le camp présidentiel : Abdoulaye Diouf Sarr, ministre de la Santé et de l’Action sociale, et Amadou Ba, qui fut ministre des Affaires étrangères et qui a aussi dirigé le département de l’Économie et des Finances.

Abdoulaye Diouf Sarr le front-runner

Le premier nommé a clairement clamé ses ambitions le 19 octobre dernier en plein Mawlid, devant la communauté Layène : “Aujourd’hui, je suis venu vous demander votre soutien en ce jour de Mawlid en sollicitant votre prière et votre accompagnement. Vous m’aviez fait confiance en m’élisant à la mairie de Yoff et aujourd’hui étant sûr que Yoff fait partie des communes les plus importantes de Dakar, ne soyez donc pas surpris si vous me voyez briguer une mairie différente de celle que nous gérons actuellement”. L’ex ministre du Tourisme n’a pas nommément cité Dakar, mais c’est un secret de polichinelle qu’il brigue la capitale.

Pour cette mission conquête, Abdoulaye Diouf Sarr ne manque pas d’atouts. D’abord son ancrage local et sa connaissance des arcanes du conseil municipal à travers sa gestion à Yoff. Son appartenance à la communauté léboue est également un paramètre essentiel dans l’histoire des batailles de Dakar. À ce propos, Abdoulaye Makhtar Diop, Grand Serigne de Dakar et député de la coalition Benno Bok Yakar a clairement affiché la couleur : “Tout ce que je veux, c’est un maire lébou. C ’est d’abord l’Imam Ratib de la Grande mosquée de Dakar qui disait un jour, qu’il souhaite un maire dakarois à la ville de Dakar. J’ajoute pour dire que je préfère un dakarois lébou”.

À cet ancrage local et ces considérations communautaires, Abdoulaye Diouf Sarr a l’avantage d’avoir épaissi sa notoriété et sa stature d’homme d’État par sa position en première ligne dans la gestion de l’épidémie de coronavirus.

Il a donc incontestablement la légitimité pour briguer un tel mandat.

Amadou Ba, en réserve de la République ?

Mais l’on pourrait dire la même chose d’Amadou Bâ. Certes, l’ancien Directeur des Impôts n’est pas un animal politique classique tel que Diouf Sarr, mais les dernières élections législatives ont montré qu’il savait assumer le rôle de tribun et mobiliser les électeurs.

Lors des élections législatives de 2017, c’est sur lui que le Président de la République s’est appuyé pour conduire la liste BBY dans le département de Dakar. Une mission menée avec succès puisque la majorité a gagné le scrutin dans la capitale sénégalaise avec plus de 114.000 voix, contre près de 112.000 voix pour la coalition dirigée par Khalifa Sall.

Depuis, il a pris date. Amadou Ba dispose, en outre, d’un solide crédit amassé tout au long d’un parcours riche : Directeur des Impôts et Domaines, Ministre de l’Économie et des Finances. Il a de ce fait piloté le Plan Sénégal Émergent, puis il est devenu ministre des Affaires étrangères.

Mais contrairement à Abdoulaye Diouf Sarr, Amadou Ba ne clame pas ouvertement ses ambitions à Dakar et semble en retrait, laissant le soin à ses partisans d’affirmer ses ambitions et ses projets.

À un peu plus de trois mois de l’échéance, alors que la bataille de positionnement pour les investitures est lancée, cette attitude laisse croire qu’il compte se mettre en retrait au profit de l’actuel ministre de la Santé.

Est-ce mieux rebondir lors de la Présidentielle 2024, en cas d’éventuel départ du Président Macky Sall ?

Une toute autre histoire et un combat d’une autre paire de manches.

Adama NDIAYE

27 octobre 2021