ABDOULAYE SÈNE PLAIDE POUR LA RÉACTIVATION DU PROJET DES VALLÉES FOSSILES

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JURY DU DIMANCHE

« Le fleuve Sénégal peut être mis en connexion avec le fleuve Gambie. On est obligé de réactiver le projet des vallées fossiles. Les opérations de transferts d’eau s’imposent à tous les grands pays » ! C’est le point de vue de Abdoulaye Sène, Secrétaire exécutif du 9e forum mondial de l’eau Dakar 2022. Invité du Jury du dimanche, ce dernier a plaidé pour la réactivation du projet des vallées fossiles. Ce projet, dit-il, n’est pas fossilisé. « Il n’est pas mort-né. Il est né, il est vivant et l’avenir lui réserve beaucoup de promesses. Parce que, quand on considère les scénarios du futur, quand on considère l’inégale répartition des ressources en eau en fonction des territoires. Il y a des zones qui sont bien fournies en eau où, d’ailleurs, les populations ne sont pas souvent très nombreuses. Il y a des zones à forte concentration humaine sans eau. Nécessairement dans les scénarios du futur, il faudra organiser des transferts d’eau », a soutenu M. Sène qui, dans le même sillage, a expliqué comment cela devrait être possible.

« Aujourd’hui, on a un fleuve Sénégal qui chaque année, charrie et déverse dans la mer 10 milliards de mètres cubes d’eau. Vous imaginez toutes les possibilités qu’il y a de transférer une partie sans affecter la durabilité, sans affecter les écosystèmes, pour satisfaire des besoins cruciaux, urgents et fondamentaux de certaines zones notamment du bassin arachidier. C’est incontournable et les réflexions se poursuivent. A partir du lac de Guiers, vous pouvez irriguer partout », dit-il. D’après lui, si on ne règle pas la question de l’eau, on ne va pas régler la question de l’autosuffisance alimentaire. L’eau est centrale. Elle doit être abordée de façon globale et doit être valorisée. « Le Sénégal est un pays qui a d’importantes ressources en eau. Il s’agit certes de travailler à donner de l’eau domestique mais envisager la question de l’eau productive. Nous sommes en train de développer une stratégie de sécurité de l’eau à l’échelle nationale pour accélérer l’action dans ce domaine. En Afrique, si on regarde les chiffres, le Sénégal a une moyenne de 92% de taux d’accès à un point d’eau considéré comme potable. L’objectif est de 100%. Il faut accélérer », indique-t-il. Toutefois, dénonce-t-il : « Ce n’est pas normal qu’un château d’eau qui coûte beaucoup d’argent soit terminé et que pour des questions de procédures l’accès pour les populations soit retardé. Je pense qu’il y a nécessité de renforcer l’engagement politique et des moyens dans le secteur de l’eau. Aujourd’hui, il faut se remobiliser et remettre l’eau au cœur de nos priorités ».

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