ABDOURAHMANE DIOUF : « L’INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE QUE NOUS DEVONS DÉVELOPPER »

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CONCERTATIONS SUR LE CONTENU LOCAL

Désigné directeur exécutif du Club des investisseurs du Sénégal (CIS) hier seulement, Dr Abdourahmane Diouf, ancien porte-parole et coordonnateur de la cellule des cadres de Rewmi d’Idrissa Seck, est intervenu lors de l’atelier de concertation sur la mise en œuvre de la loi sur le contenu local dans le secteur du pétrole et du gaz, ce mardi 2 juillet, à Diamniadio. Une intervention remarquée sur des questions, dit-il, « importantes pour notre économie ». Au nom du président du CIS, Babacar Ngom, il s’est réjoui de « cette opportunité de mettre la protection des ressources du Sénégal au cœur du débat. »

Poursuivant, il ajoute s’adressant au chef de l’Etat : « Je me rappelle vous avez souvent demandé à avoir un débat économique, le (CIS) est prêt pour cela. En ce moment, nous travaillons suivant trois (3) composantes principales. L’accès au marché national parce que nous considérons que c’est notre marché et que même si nous devons nous ouvrir aux autres, nous devons avoir une forme de discrimination positive. Nous travaillons sur la promotion et la protection des investissements parce que nous pensons que de ce point de vue le secteur privé sénégalais peut avoir un rôle de service public, ne pas se substituer à l’Etat mais travailler en complément à l’Etat. Nous travaillons aussi beaucoup sur les études et la recherche parce que nous voulons être au cœur du débat économique. Alors, le message aujourd’hui du président Babacar Ngom et du (CIS), c’est que dans les marchés internationaux, au niveau de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), partout où on débat des marchés, il y a ce qu’on appelle le traitement spécial différencié. Le protectionnisme économique tel que nous le comprenons au niveau du (CIS), ce n’est pas la détestation des autres, c’est l’amour de soi du point de vue économique. Vous êtes membres de l’OMC, de l’UEMOA, cela veut dire que vous ne pouvez pas prendre des règles nationales individuelles discriminatoires mais il y a toujours des petites clauses, des niches de droit qui vous permettent de vous protéger. L’Etat du Sénégal l’a déjà fait et très bien fait par exemple dans le domaine de l’aviculture où le prétexte premier c’était la grippe aviaire, problème sanitaire et phytosanitaire. Mais quand la maladie a disparu, le Sénégal avait dit ’’j’ai une industrie naissante que je dois protéger’’. C’est la protection de cette industrie naissante qui fait qu’aujourd’hui nous ayons des champions dans le domaine avicole. L’Etat du Sénégal le fait aujourd’hui avec l’oignon avec une régulation qui fait qu’à chaque fois que nous avons la production locale suffisante au niveau national, on ferme les frontières. »

« Ça, recommande-t-il, c’est une intelligence économique de l’Etat, qu’il faudrait que le Sénégal continue de faire dans tous les autres secteurs. »

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