AFFAIRE DIEYNA BALDÉ : AMOUR, GLOIRE ET DÉBALLAGE

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TRIBUNAL DES FLAGRANTS DE DAKAR

Dieyna Baldé, son frère Aly Baldé et Moustapha Ba ont comparu, ce mardi, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Ils sont poursuivis pour vol, tentative d’extorsion de fonds, accès et maintien frauduleux dans un système informatique, collecte illicite et menace de diffusion de données à caractère personnel. La bande a été arrêtée le mardi 24 août dernier par la Division spéciale de cybercriminalité (Dsc). Ce, suite à la plainte du producteur, chanteur, compositeur, Beat maker et rappeur Djibril Mbaye Fall alias Bril Fight 4.

Interpellée par le juge sur les faits qui lui sont reprochés, la jeune chanteuse a soutenu avoir agi par simple jalousie. « On ne cessait de me dire que mon mec me trompait. Et pour en avoir le cœur net, j’ai attendu la nuit plus exactement à l’aube pour lui prendre son téléphone. Je dois préciser que mon intention était juste de trouver des preuves que Bril me trompe », a-t-elle dit. Avant de poursuivre : « comme j’avais déjà les accès, j’ai ouvert le téléphone et pris des captures d’écran. Je dois également préciser que je n’ai envoyé les images à personne d’autre qu’à moi. Je l’ai fait par simple jalousie et je suis prête à demander publiquement pardon à Bril ». Entendu à la suite de sa petite sœur, Aly Baldé a plaidé non coupable. « Quand j’ai été au courant de l’affaire, j’ai appelé Dieyna pour parler avec elle parce que je n’étais même pas à Dakar au moment des faits. Je lui disais de faire attention à ce monsieur parce qu’il maraboute toujours les filles avec qui il sort afin qu’elles lui donnent de l’argent », a déclaré Aly, qui soutient n’avoir jamais demandé à sa soeur de voler le téléphone de Bril. « J’aime ma sœur et jamais je ne lui conseillerais de faire des choses qui pourraient porter préjudice à quelqu’un », a-t-il aussi indiqué. Même tonalité chez Moustapha Bâ qui s’étonne du fait que son nom soit cité dans cette affaire.

Bril Fight 4 : « On m’a dit que Dieyna a des copains ministres »

Prenant la parole à la suite des mis en cause, le plaignant a renseigné que c’est lorsqu’il s’est réveillé le matin qu’il a constaté que son téléphone avait disparu. Sur ce, dit-il, Dieynaba lui a suggéré de porter plainte et c’est d’ailleurs elle-même qui l’a accompagné à la brigade. « Je ne savais pas qu’elle était derrière tout cela. Pour les autres, ils m’ont contacté pour me dire qu’ils ont mon téléphone et mes données. Ils disaient avoir 27 captures de mes données et qu’ils vont me détruire si je n’arrête pas ma relation avec Dieyna. Ils ne m’ont jamais réclamé de l’argent. Je dois aussi dire que les photos n’ont aucun caractère sexuel », a-t-il soutenu. Toutefois, il a confié au tribunal avoir pardonné à Dieyna. Avant de révéler : « je soupçonnais aussi Dieyna d’infidélité. Parce qu’on m’a dit beaucoup de choses sur elle. On m’a dit que des ministres et d’autres personnalités courent derrière elle. Malgré tout, je l’aide en lui faisant des vidéos, des sons, etc ».

S’exprimant après leur client, les avocats de la partie civile ont plaidé l’apaisement. « Vous avez compris que cette affaire ne devait pas atterrir devant la barre parce que cela ne relève pas de la volonté des différentes parties. C’est un soupçon de jalousie. Djibril Mbaye Fall demande à ce que vous fassiez une application bienveillante de la loi à la prévenue », a plaidé la robe noire. A l’en croire, c’est depuis vendredi dernier que Bril a pris la décision de lui pardonner. « Cette fille doit être pardonnée. Elle a agi par jalousie et nous savons là où peut conduire la jalousie. Ils sont liés par une relation amoureuse mais aussi par une relation professionnelle. Je vous demande de permettre à Dieyna de rentrer libre chez elle. Elle est encore jeune, elle est en maturation et elle a besoin du soutien de ses parents. Mon client s’est désisté et il ne réclame rien », a dit l’avocat.


Demande de liberté provisoire rejetée

Invitée à faire ses réquisitions dans cette affaire, la représentante du ministère public a requis l’application de la loi. Quant aux avocats de la défense, ils ont plaidé le renvoi des fins de la poursuite pour Dieyna et Cie. « On ne peut pas jeter le discrédit sur cette fille parce qu’elle est victime. Vous savez en amour tous les coups sont permis. On ne peut pas décrire Dieyna comme celle qui fait tomber les grands hommes. Elle est très belle et elle a donné sa beauté physique et sa beauté du cœur à cet homme. Est-ce qu’il a été capable de la comprendre ? », s’interroge Me Daf. Pour lui, ce procès est « le procès de la honte ». « On a des éléments contre Bril et on s’est abstenu par grandeur, on s’est abstenu par élégance. Ce sont les activités de Dieyna qui financent ce monsieur. Il ne peut pas y avoir d’extorsion de fonds parce que la prévenue est assez aisée », a laissé entendre l’avocat.

De son côté, Me Aboubacry Barro a soutenu que dans ce dossier il n’y a pas de vol parce que la fille n’avait pas l’intention de s’approprier le téléphone. Pour finir, Me Ciré Clédor Ly a déclaré alors qu’on s’attendait à un drame, on voit un théâtre. « La montagne aura accouché d’une souris. C’est le procès du chagrin d’amour. Est-ce qu’on peut parler de vol entre concubins ? Les faits ne sont pas prouvés dans cette affaire. Et si l’infraction n’existe pas pour Dieyna il ne peut y avoir de complicité pour les autres. Ils n’étaient même pas à Dakar au moment des faits », a plaidé la robe noire.

L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 7 septembre prochain. Ainsi, les avocats de la défense ont déposé une demande de mise en liberté provisoire pour les prévenus qui a été tout simplement rejetée par le tribunal.

Cheikh Moussa SARR

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