AFFAIRE GEORGE FLOYD : « NOUS AVONS UN COMPLEXE PAR RAPPORT AUX AMÉRICAINS »

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LR DU TEMPS

Invités de Lr du temps, émission d’Alassane Samba Diop, sur iRadio et Itv, ce dimanche, 7 juin, Abdarahmane Ngaïdé, historien-écrivain, et Idrissa Diop, auteur, compositeur et producteur, tentent d’expliquer le silence des dirigeants africains dans l’affaire George Floyd, Afro-américain de 46 ans, tué lors d’une interpellation policière, à Minneapolis. Selon eux, « il faut qu’on arrête ce complexe de l’exporté. »

Car, défend d’abord Ngaïndé : « Comme l’a dit Idrissa Diop tout à l’heure, on ne se regarde plus les yeux dans les yeux. On a perdu toute mémoire de compréhension de ce que nous sommes dans le monde. Je le dis avec peut-être beaucoup d’exagération mais je le dis aussi avec le cœur serré. Au moment où cet Américain a été tué, un Mauritanien a été tué sur sa charrette à bout portant par une kalachnikov. Si on veut revenir à l’humain de l’humain, c’est est-ce qu’on doit considérer ce monsieur qui est mort en tant qu’américain-noir, américain ou être humain ? Moi, c’est ma position maintenant parce que je viens d’une déchirure historique au cœur de laquelle c’était le racisme. Je suis d’origine mauritanienne. Donc, si je réfléchis maintenant en tant que noir, américain ou hal pulaar mais je perds mon temps. »

L’auteur du livre ‘’Mbourourou Mbarara’’ de poursuivre : « nous avons un complexe par rapport à nos cousins américains alors que chaque jour on en tue dans les pays arabes. Mais, personne ne dit rien. Il faut qu’on arrête aussi cette façon de voir doublement la négritude. Moi, je ne suis plus ce nègre-là. Le racisme est inné en quelques-uns d’entre nous et malheureusement c’est la majorité. Le racisme ne va jamais disparaître, le noir sera toujours écrasé. Malheureusement, c’est devenu un ADN. Maintenant, comment faire cette anachronicité (de tuer un noir pour sa peau) ne soit pas répétitive au point qu’elle nous ramène toujours à une vieille histoire d’esclavage qui nous empêche de lutter contre le présent, qui nous exaspère, et nous n’arrivons pas à aller vers le futur le plus immédiat demain. C’est pourquoi nos gouvernements tergiversent. C’est pourquoi nous avons des problèmes à nos discours, aux actes quotidiens qu’on met en place, qui ne cadrent pas avec les réalités ».

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