VIDEO - AFFAIRE PÉTRO TIM : « LES TÉMOINS PEUVENT ÊTRE POURSUIVIS POUR FAUX TÉMOIGNAGES »

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Me MOUSSA SARR AU JDD

Toutes les personnes entendues à titre de témoin dans l’affaire Petro Tim, née de l’enquête de BBC dite « le scandale à 10 milliards de dollars », mettant en cause le petit frère du président de la République, Aliou Sall, dans les contrats pétroliers, pourraient faire l’objet de poursuites. Si elles font un faux témoignage. La précision est faite par Me Moussa Sarr. Invité, ce 28 juillet, du ’’Jury du dimanche’’ (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane, sur iRadio (90.3), l’avocat détaille les différentes hypothèses qui peuvent survenir après les auditions à la Division des investigations criminelles (DIC).

La robe noire, n’ayant pas de clients directement impliqués dans ce dossier, jette un regard d’observateur sur le dossier qui alimente la chronique judiciaire, et ayant conduit à la création de la plateforme citoyenne ’’Aar Li Nu Bokk’’, dont l’une des principales revendications est la renégociation des contrats pétroliers. Déjà, il approuve. « C’est extrêmement important qu’au niveau du principe qu’une enquête soit ouverte parce que seule la justice a les moyens juridiques, les moyens d’investigations nécessaires pour aboutir à la clarté dans cette affaire », retient Me Sarr. Même si, pour ce cas précis, fait inédit, un appel à témoins a été lancé par le Procureur de la République, Serigne Bassirou Gueye.

« Une enquête n’a pas été ouverte contre une personne ou des personnes ou contre X mais un appel à témoins. Autrement dit, c’est qu’on est en train de rassembler des faits contre une personne ou des personnes ou voir s’il y a des faits susceptibles de recevoir une qualification pénale à travers cet appel à témoins », décortique l’avocat. Qui souligne, d’abord, que le Procureur, « qui est en train, par ce procédé, de collecter le maximum d’informations, après avoir entendu les personnes qu’il pense être en mesure d’apporter des éclairages sur un point ou des points, va analyser la situation et éventuellement faire retourner le dossier pour demander qu’on ouvre une enquête sur un point ou des points précis contre une personne ou des personnes ou contre X. C’est l’intérêt d’un appel à témoins d’autant plus que personne n’est entendue comme suspect ni mise en cause ».

En droit, rappelle-t-il, « le témoin est celui qui a vu, qui a assisté, qui a une connaissance personnelle de l’affaire. » Cela veut dire « que si quelqu’un est entendu à titre de témoin, et qu’il s’aventure à charger quelqu’un sur la base d’éléments faux, il peut être poursuivi pénalement pour faux témoignage. Egalement, si quelqu’un est entendu, et qu’il essaie de décharger quelqu’un sur la base d’un faux témoignage, il peut être poursuivi pour le même délit. Sauf ceux qui sont entendus à titre de simple renseignement. »

L’autre hypothèse : « Après le retour du dossier, le Procureur analyse et estime qu’il n’y a aucun intérêt à ouvrir une enquête contre une personne ou des personnes ou contre X, (classement sans suite) » Troisième hypothèse : « Il peut retourner le dossier pour une enquête bien précise sur des infractions données contre une ou des personnes ou contre X ».

Plainte de Mamadou Lamine Diallo et Abdoul Mbaye : Un couteau à double tranchant

Autres personnes qui risquent un retour de bâton, c’est Abdoul Mbaye et Mamadou Lamine Diallo, auteurs de la plainte, avec constitution de partie civile, auprès du Premier Cabinet d’Instruction près le Tribunal de Grande Instance de Dakar, pour faux et usage de faux en écriture publique contre X, faux et usage de faux contre Franck Vasile Timis, Wong Joon Kwang, Aliou Sall, détournement de deniers publics contre Franck Vasile Timis, Wong Joon Kwang et complicité de détournement contre Aliou Sall et contre X.

« Si le juge d’instruction rend une ordonnance de non-lieu, les personnes qui ont fait l’objet de la plainte, peuvent initier une procédure pour dénonciation calomnieuse », renseigne l’avocat.

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