AFFAIRE SONKO : LE CALVAIRE D’UN AMBULANCIER, LES VOLEURS S’EN MÊLENT

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MANIFESTATIONS

Il pousse un gros soulagement. Il est ambulancier. Il a franchi les portes du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), à 16 heures, ce lundi, 8 février. Il a le visage las et se tient le menton. Signe qu’il en a bavé.

"Ils ont failli saccager mon véhicule", a-t-il dit, se plaignant des manifestations organisées par des soutiens de l’opposant et président du parti Pastef / Les Patriotes, Ousmane Sonko. "Ils brûlent et saccagent tout sur leurs passages", relate-t-il.

Mobilisés depuis ce matin, ces manifestants, scandant le nom de Sonko, s’érigent en bouclier autour de leur leader, accusé de viols répétés et de menaces de mort par une masseuse, Adji Sarr, 21 ans. Elle est employée du salon de bien-être, ’’Sweet beauty spa’’, dont la propriétaire, Ndeye Khady Ndiaye, est placée en garde-à-vue depuis samedi, poursuivie pour délits d’incitation à la débauche et de diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs. Ce que récuse son avocat, Me Bassirou Baldé, arguant que sa cliente dispose d’une autorisation légale pour exercer.

Sonko, lui, a refusé de déférer à la convocation de la Section de recherches (SR) de la Gendarmerie de Colobane, à 11 heures, ce lundi, 8 février, brandissant son immunité parlementaire.

Dans une déclaration tenue face à la presse hier dimanche, l’opposant arrivé 3e lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019, a appelé son camp à la mobilisation, citant nommément le chef de l’État, Macky Sall, d’être l’instigateur de ce qu’il appelle "un complot (ourdi) pour le liquider avant la présidentielle de 2024." "Après Karim Wade, et Khalifa Sall, c’est mon tour", avait-il déjà souligné dans une première déclaration publiée sur sa page facebook.

Des ’’Patriotes’’ ont répondu à son appel. Armés de pierres, ils ont fait face aux forces de l’ordre.

En fin de matinée, il y a eu des tirs de grenades lacrymogènes devant le domicile de l’opposant, à la Cité Keur Gorgui, par les policiers, pour disperser la foule de militants qui s’y était regroupée. Loin de lâcher l’affaire, les soutiens se disaient prêts à mourir. Lors des affrontements, des véhicules ont été incendiés et caillassés.

Des manifestations qui sont sur toutes les lèvres en raison des désagréments qu’elles continuent d’occasionner, avec les embouteillages et autres.

De la fumée s’élevant aux alentours de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), une jeune fille, masque rabattue sous le menton, s’empresse de prendre le chemin inverse pour rallier Sacré Cœur. Lasse d’attendre le bus, elle s’est décidée à marcher. Elle n’est pas la seule. Les automobilistes contournent le tronçon. Et, pour ne pas arranger les choses, des voleurs profitent de l’occasion pour s’en prendre aux piétons. Une dame n’avait plus que ses yeux pour pleurer après que des jeunes se sont emparés de son sac, rapporte-t-on.

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