AIDE À LA DIASPORA : L’AMBASSADE DU SÉNÉGAL À BANJUL PRISE D’ASSAUT

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CORONAVIRUS

Depuis ce lundi, ils sont plusieurs centaines voire des milliers de Sénégalais à prendre d’assaut au quotidien la représentation diplomatique du Sénégal en Gambie pour l’obtention de la carte consulaire. C’est ce précieux document qui permettra aux ayants droit de bénéficier de l’aide à la diaspora octroyée par l’exécutif sénégalais. Si l’intention est louable, les modalités pratiques restent à définir. Envahis par les ressortissants sénégalais de Gambie, les services de l’ambassade se retrouvent débordés et les règles de distanciation sociale peu respectées par les demandeurs.

Sous un soleil de plomb, ils sont plusieurs centaines à se masser devant comme derrière la représentation diplomatique du Sénégal en Gambie. Les uns s’affairant à s’inscrire sur les listes de dépôt, les autres déposent leur formulaire de demande d’aide.

Autour de Djim Fall, la trentaine, ils sont huit qui s’agglutinent pour remplir leur formulaire, ignorant toutes règles de distanciation sociale. « Que ceux qui ne se sont pas inscrits rentrent jusqu’à vendredi », ordonne en criant un gendarme qui rassemble les listes.

Aide, le seul salut

As Fall, menuisier, le visage ruisselant de sueur ne sait pas remplir le document à déposer. Il est en Gambie depuis plus deux décennies mais c’est dans ces circonstances qu’il découvre la représentation diplomatique de son pays.
« C’est par négligence criante de ma part en 20 ans que je n’avais pas mis le pied ici, Je concède-t-il visiblement éprouvé par la chaleur du soleil. Mais aujourd’hui je n’ai plus le choix pour venir déposer la demande d’aide promise par le chef de l’État. Nos activités sont très affectées par la pandémie. Même joindre les deux bouts est devenu un défi au quotidien », se lamente le travailleur originaire de Kaolack.

Mamadou Diallo, 25 ans, originaire de Kédougou a les yeux rivés sur son formulaire. Employé dans un hôtel, il s’est retrouvé du jour au lendemain au chômage. La mine chagrine, l’aide promise par l’exécutif sénégalais constitue aujourd’hui son seul espoir.

« Il n y a pas de travail. Tout s’est arrêté pour moi, gémit le jeune à la barbe très fleurie. Je dépense l’économie que j’ai eu à épargner jusque-là. Je compte beaucoup sur cette aide. C’est mon seul salut »

Ayants droit

Monsieur Dieng, enseignant de français dans une école privée gambienne, est lui aussi en chômage technique depuis près d’un mois. Il perçoit toujours son salaire mais l’aide allouée à la diaspora est toujours la bienvenue. « Je suis pour qu’on fasse le tri, reconnait-il d’emblée. Certains en ont besoin plus que nous. Mais si on peut en bénéficier tout le monde, c’est tant mieux », suggère-t-il.

Alors qui est éligible à cette aide ? Et comment la redistribuer équitablement aux Sénégalais de Gambie ? Les autorités consulaires rassurent que tout se passera dans les règles de l’art. Un comité local est mis sur pied pour sélectionner les ayants droit.

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