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ALERTE SUR L’INFILTRATION DJIHADISTE DANS LES ZONES MINIÈRES

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Dans le souci de prévenir l’extrémisme violent au Sénégal, le Centre des Hautes Etudes de Défense et de Sécurité (Cheds) et le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le bassin du lac Tchad de l’Institut d’études de sécurité (Iss), ont réalisées une étude dans les régions de Kédougou et Tambacounda. Ce rapport intitulé « Prévenir l’extrémisme violent au Sénégal : les menaces liées à l’exploitation aurifère » vise, en fait, à documenter les menaces à la sécurité humaine liées à l’exploitation aurifère et à analyser les facteurs de risques liés à cette exploitation dans les régions de Kédougou et de Tambacounda, au Sénégal.

L’objectif est de soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de réponses adaptées, pour faire face à ces menaces. Le lancement de l’étude qui a été conceptualisée et menée entre septembre 2019 et octobre 2021, a eu lieu hier jeudi 16 décembre 2021. En effet, depuis 2020, des incidents sécuritaires sporadiques sont enregistrés de part et d’autre de la frontière sénégalo-malienne, où se concentre une intense activité d’orpaillage, en grande partie clandestine, c’est à la suite de cela que l’alerte a été donnée. Ce qui a créé une inquiétude quant à une possible expansion de la menace liée aux groupes extrémistes violents dans le Sud-Est du Sénégal, riche en or et frontalier du Mali. Donc, c’est dans le souci d’appréhender les risques posés par cette situation que les initiateurs de cette étude ont fait ce rapport. Ce, afin d’analyser les stratégies connues d’expansion et d’implantation des groupes extrémistes violents opérant en Afrique de l’Ouest. Il faut dire que dans la région de Kédougou, qui concentre 98% des sites d’orpaillage recensés au Sénégal, l’extraction aurifère représente une source importante de financement et d’approvisionnement pour les groupes extrémistes violents actifs dans le Sahel.

Quatre individus arrêtés à Kidira

Même si aucune attaque djihadiste, ou qualifiée comme telle, n’a encore été officiellement enregistrée au Sénégal, toutefois, dans la nuit du 7 au 8 février 2020, un groupe d’individus a attaqué le poste de douanes de Moussala, à Kédougou, avant de s’enfuir en direction du Mali, en emportant cinq fusils d’assaut. Un peu plus de deux semaines avant cet incident, une patrouille du Groupement d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) de la gendarmerie a essuyé des tirs d’armes à feu aux abords du village de Gathiary, à Tambacounda, non loin de la frontière malienne. En février 2021, un rapport du Conseil de sécurité des Nations Unies a révélé la présence d’éléments appartenant au Jnim sur le corridor Bamako-Dakar, dans le Ferlo, à Bakel et dans la zone de Saraya. Le même mois, quatre individus présumés liés à la Katiba Macina ont été arrêtés par les autorités sénégalaises à Kidira, près de la frontière avec le Mali.

Selon le rapport, les stratégies d’expansion des groupes extrémistes violents semblent obéir à de nombreuses motivations. En réalité, les sites d’orpaillage offrent aux groupes extrémistes violents des possibilités de générer des ressources financières, en participant à la sécurisation des sites, à l’exploitation ou à la commercialisation de l’or. Ils offrent aussi l’occasion d’obtenir des explosifs et de s’entraîner à leur utilisation. La meilleure solution serait, selon cette étude, de contenir l’exploitation clandestine et illégale des sites d’orpaillage et encadrer le circuit de la commercialisation de l’or à travers une meilleure réglementation. Ce qui contribuerait à réduire les failles dans l’organisation du secteur.

Ndèye Anna NDIAYE

17 décembre 2021


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