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« L’ÉTAT AURA LES ENSEIGNANTS EN FACE » (CUSEMS)

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Le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire (Saems) et le Cadre unitaire des syndicats du moyen-secondaire (Cusems) montent au créneau après la plainte agitée par l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (UNAPES). Dont le président, Abdoulaye Fané, a martelé qu’ils « ne permettrons plus qu’il y ait des problèmes entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants par rapport à des actes signés et que (leurs) enfants en soient les victimes ». En face, les enseignants, mettant le gouvernement au banc des accusés, n’excluent pas de boycotter les examens « y compris le Bac ». Dixit Aliou Diouf, trésorier général national du CUSEMS, interrogé par les équipes d’Emedia.

Reprise de la grève : « des augmentations très en deçà des minima annoncés »
« On est en grève parce que nous avons signé un protocole d’accords avec l’État du Sénégal, le 26 février 2022. La première échéance pour l’augmentation des salaires des enseignants, c’était à la fin du mois de mai. Dès qu’on a reçu nos bulletins de salaire, on s’est rendu compte que les sommes qui étaient annoncées, consignées dans le protocole d’accords, n’ont pas été respectées.

On n’a même pas reçu la moitié en réalité. Donc, on s’est rendu compte que le gouvernement était dans un jeu de dupe avec nous. Ils nous ont montré des sommes auxquelles eux-mêmes ne croyaient pas. Aujourd’hui, les enseignants sont déçus. Avant même qu’on ne décrète ce plan d’actions, partout dans le pays, les enseignants étaient dehors. Vous ne pouvez pas dire que le moins gradé parmi vous aurez à la fin du mois 143 mille F CFA et ce moins gradé-là, il n’a même pas 60 mille.

Vous voyez les écarts. C’est-à-dire que ça passe du simple au double. C’est inacceptable. C’est l’État qui est responsable. La première échéance est là, ils n’ont pas respecté, donc, la deuxième échéance, au mois de janvier, ce sera la même chose. On ne peut pas rester les bras croisés face à cette forfaiture. On est déjà dans l’action. On a lancé un premier plan d’actions. Aujourd’hui (mercredi, ndlr), on a débrayé à 09 heures, tous les établissements sont fermés. Demain (jeudi), c’est férié mais vendredi, on va débrayer encore à 09 heures. Le samedi, c’est grève totale. Lundi, c’est débrayage à 09 heures, mardi, débrayage à 09 heures. Mercredi, on va évaluer et on va remettre un autre plan d’actions. Nous allons aussi organiser une marche, ici, à Dakar. Nous allons convier tous les enseignants à Dakar. »

La plainte de l’Unapes ?
« La plainte des parents d’élèves, elle a quelle valeur ? Nous aussi on les interpelle parce qu’il faisait partie des témoins. Quand il y a problème, vous ne pouvez pas vous cacher. Parce que ces organisations là aussi sont subventionnées par l’État du Sénégal. Les parents d’élèves, c’est ça leurs problèmes, ils ont dû mal à dire la vérité à l’État. Quand il y a deux personnes qui ont un contentieux, et que vous vous étiez là au moment de la signature des accords… Donc, aujourd’hui, nous les interpellons. Il ne s’agit pas de faire dans l’équilibrisme, vouloir plaire à tout le monde, ça ce n’est pas bon. Quand il y a des gens qui ne sont pas dans le droit, il fait leur dire que vous avez tort. Aujourd’hui, c’est le gouvernement qui a tort. »

Le sort des élèves
« On est désolés, nous-mêmes sommes parents d’élèves. Quand il y a la grève, c’est le dernier recours. Mais qu’est-ce que vous voulez que l’on fasse dans cette situation ? Vous dites à des gens, voilà à la fin du mois, je vais vous donner 100 mille par exemple, après ils ne voient même pas 40 mille. Ce n’est pas possible. Le problème, c’est au niveau du gouvernement. Au mois de juin, la première échéance, c’était les examens d’EPS mais cela ne va pas se tenir. On va boycotter tous les examens y compris le Bac. Qu’ils se le tiennent pour dit, ils auront les enseignants en face ».

Dié BA

25 mai 2022


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