ALIOU SANÉ, COORDONNATEUR DE "ÑOO LANK" : « NOTRE PATIENCE A DES LIMITES »

news-details
LIBÉRATION DE GUY MARIUS SAGNA

Les membres du collectif de refus ’’Noo Lank’’ s’impatientent d’obtenir gain de cause : annulation de la hausse du coût de l’électricité et libération de Guy Marius Sagna. « Notre patience a des limites ». C’est le nouvel ultimatum lancé par le coordonnateur du collectif, Aliou Sané, à l’issue de leur 3e grand rassemblement tenu ce vendredi, 31 janvier.

« Au palais », scandaient des manifestants, rouges de colère, à leur arrivée au point de chute, au rond-point de la Poste de Médina. « À partir d’aujourd’hui, on va les attaquer sur tous les fronts », avertit Sané, saluant l’engagement des organisations de défense des droits de l’homme (RADDHO, LSDH, Article 19, Amnesty international). Lesquelles, face à la presse avant-hier mercredi, 29 janvier, ont annoncé l’internationalisation du combat pour la libération de l’activiste, avec la saisie de la CEDEAO, entre autres juridictions internationales. Il y aura une manifestation demain samedi, 1er février, à Paris, signale-t-il, par ailleurs.

Dans leur déclaration, les manifestants ont remis en cause celle faite par le chef de l’Etat, Macky Sall, relative à la présence d’ambulance, lors des manifestations. « Est-ce que vous avez vu une ambulance ici ? », ironise Sané. Avant, Pape Abdoulaye Touré, "Leuz Def Tekk", et Dr Babacar Diop, tous d’ex-codétenus de Guy Marius Sagna, se sont succédés au micro pour lancer leur message. Le représentant du 3e âge a eu également droit à son temps de parole.

Avant le rassemblement, la marche s’est ébranlée du rond-point de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, à 15 heures passées. Outre les personnes du 3e âge, les femmes ont répondu massivement à l’appel de ’’Noo Lank’’. Salla Seck, venue de la Gueule Tapée, est l’une d’elles. Yeux rouges, la dame rumine sa frustration. « Si on dit au président Macky Sall que tout va bien dans ce pays, on est en train de le leurrer. Rien ne va. Les prix des denrées de première nécessité ont flambé : riz, huile, sucre, lait. On est vraiment fatigués. La vie est très chère », râle la célibataire. La preuve détaille-t-elle : « Avant la hausse, je payais moins de 10 mille F CFA. Aujourd’hui, ma facture d’électricité dépasse de loin 20 mille ».

Une autre, qui a requis l’anonymat, se plaint, elle, du loyer. « On oublie cette revendication mais c’est infernal pour nous locataires ». A l’étape du marché Tilène, sur l’axe menant au rond-point de la Poste de la Médina, des manifestants n’ont pas manqué d’interpeller des commerçants qui les filmaient, munis de leur téléphone, debout devant leur cantine. « Au lieu de nous filmer, venez rejoindre la lutte. C’est ça le véritable problème du Sénégal, il y a trop de défaillants ». La marche était surveillée comme du lait sur le feu par la police, sous la houlette du Préfet de Dakar, Alioune Badara Samb, et du Sous-préfet de Dakar-plateau, Djiby Diallo.

Retrouvez en vidéo les grandes étapes de la marche de ce vendredi, 31 janvier 2020

Vous pouvez réagir à cet article