"ALPHA CONDÉ LAISSERA UNE TACHE TRÈS NOIRE" (BAH OURY)

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Guinée-Sénégal

Parlant des relations entre la Guinée et le Sénégal, l’opposant guinéen Bah Oury a blâmé l’attitude d’Alpha Condé. Selon lui, le président déchu "laissera une tâche noire dans l’histoire de la Guinée".

"Par rapport à cette question des frontières, j’avoue que le président Alpha Condé a causé beaucoup de torts à des milliers de familles guinéennes. Qui, du jour au lendemain, se sont retrouvées sans ressources. Parce que les transactions économiques entre les pays limitrophes, Sierra Léone, Guinée Bissau, Sénégal et Gambie, ont été bloquées pendant un an par une attitude qui n’était pas du tout rationnelle. Fermer les frontières et réduire à néant l’économie locale, sous prétexte que des gens se sont agités par ci par là, ça a manqué de responsabilités.

Le président Alpha Condé, de ce point de vue, laissera une tâche très noire dans l’histoire de la Guinée. Il a mis de côté les intérêts stratégiques de la Guinée et des pays frontaliers, il a renié son panafricanisme qu’il aimait mettre en avant et pis, il a contribué à asphyxier l’économie guinéenne. Des milliers de familles de transporteurs, d’agriculteurs, d’artisans, de planteurs, se sont retrouvés avec leurs récoltes ou avec leurs instruments sans pouvoir mener à bien leurs activités.

Le désastre financier a été très coûteux tout simplement pour des raisons de politiques politiciennes. C’était une attitude totalement irraisonnée et j’allais dire inconsidérée. L’impact du côté de la Sierra Léone, de la Guinée Bissau et du Sénégal a été relativement fort. Mais, c’est la Guinée qui en a payé le prix le plus élevé. Parce que l’inflation qui s’est développée par la suite, les difficultés ont été accentuées par la fermeture de la frontière."

C’est ce qui aurait d’ailleurs précipité sa chute, selon l’invité du JDD. Il est même d’avis que "c’était soit ce putsch, soit une révolte populaire. La situation économique était désastreuse. Cela aurait pu être autre chose de plus grave, grâce à Dieu, les aspects collatéraux de la prise du pouvoir ont été limités. La Guinée s’est tirée d’affaire avec pour le moment moins de dégâts possibles."

"Alpha Condé doit s’en prendre à lui-même", avait-il, d’ailleurs, réagi, peu après le putsch du 5 septembre.
La junte militaire a achevé la réouverture des frontières pour le plus grand bonheur des populations concernées.

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