AMADOU ELIMANE KANE : « LE SÉNÉGAL AURA DU MAL À FAIRE FACE AUX ENJEUX POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES MONDIAUX »

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JURY DU DIMANCHE

Poète et écrivain, Amadou Elimane Kane était, ce dimanche, l’un des invités de l’émission LR du temps, animée par Alassane Samba Diop sur Iradio (90.3). Au cours des débats, le lauréat du prix international de la renaissance africaine en 2006 a été interpellé sur l’incapacité des hommes politiques sénégalais à faire développer le Sénégal depuis son accession à la souveraineté nationale. Pour lui, cette situation dépasse les hommes politiques. Il estime plutôt que c’est un problème de vision, de projet. « Depuis nos ainés, il y a eu des erreurs qui ont été portées parce qu’il y a eu des hommes aussi qui se battaient pour la construction d’Etat fédéral. Je pense que le Sénégal actuel aura du mal à faire face aux enjeux politiques, économiques mondiaux liés à la nature sénégalaise. C’est-à-dire comment le Sénégal a été construit du début jusqu’à nos jours », analyse l’écrivain.

Poursuivant son argumentaire, il pense que pour que le Sénégal puisse réellement sortir de cette situation, il faudrait que le pays soit dans une dynamique unitaire africaine et dans une dynamique d’apparition et de réappropriation réelle de notre patrimoine culturel et héritage historique. « Comment peut-on porter des valeurs républicaines tout en étant dans des attitudes de discrimination », s’interroge-t-il, avant de prôner la revue de la question de l’éducation dans cette dimension.

D’après lui, si le Sénégal est toujours à ce stade c’est parce que jusqu’ici on est pris dans les pièges de la bibliothèque coloniale. Laquelle est, à son avis le franc CFA, la langue française. A l’en croire, il faudrait émerger nos langues nationales parce qu’il n’y aucun peuple, au niveau de l’histoire de l’humanité, qui s’est développé à partir d’une langue étrangère et parlée par une infime minorité. « Quand tu ne possèdes pas ta propre monnaie comment tu peux mener un échange digne de ce nom, un échange équilibré. Il faudrait convoquer toutes les énergies pour pouvoir aller à une véritable renaissance et foudroyer cette bibliothèque coloniale qui continue à nous massacrer à tous les niveaux. Il n’y a pas une réelle rupture épistémologique à ce niveau », soutient-il.

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