AMBIANCE DE RECUEILLEMENT À L’UCAD, LA RÉDUCTION DE LA PEINE DE BOUGHALEB FUSTIGÉE

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5 ans de la mort de Bassirou Faye

14 août 2014 – 14 août 2019. C’est le recueillement à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Qui n’oublie pas Bassirou Faye, un de ses pensionnaires tué par balle, il y a cinq (5) ans. Une cérémonie de prières s’est tenue au campus, plus précisément devant la stèle érigée en mémoire du défunt, au pavillon D, à quelques mètres de la Mosquée des lieux. Dans une ambiance de deuil, les étudiants du collectif des amicales de l’UCAD ont saisi l’occasion pour faire passer un message très clair flopé sur leur tee-shirt : « L’étudiant n’est pas de la chair à canon ».

La réduction de peine au profit de Boughaleb ne passe pas

Le ton amer, Ibrahima Sombel Faye, le grand-frère du défunt Bassirou Faye, fustige la nouvelle tournure enregistrée dans ledit dossier, avec la réduction de peine, au bénéfice de l’agent de police Sidy Mouhamed Boughaleb, le 17 juillet dernier, par la Chambre criminelle d’appel. « C’est inconcevable, fulmine-t-il. Bassirou Faye est un martyr parce qu’il défendait une cause noble. Il a été tué là où il étudiait. On l’a perdu. Donc, ce qui reste à faire, c’est que justice soit faite. Le meurtrier a été identifié par un étudiant parmi 68 policiers. Juste pour dire que l’affaire est tout à fait claire. On sait qui l’a tué, et il actuellement en prison. Maintenant, ce qui me pose problème, c’est qu’après le premier jugement, on l’avait condamné à 20 ans de prison ferme. Il a interjeté appel et a amené des témoins parmi lesquels ses supérieurs hiérarchiques. Cela doit vraiment être souligné. La peine a été réduite de 10 ans. Ce qu’on déplore. Il devrait purger une peine maximale. »

Le paiement des indemnisations exigé

Une délégation de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a participé à la cérémonie d’hommage. Egalement présente, l’amicale des étudiants de Diourbel plaide pour le paiement des 50 millions d’indemnisation. Sur la question, Omar Ngom, le président de ladite amicale, ne badine pas. « Parce que le père de Bassirou Faye est mort sans pour autant recevoir l’argent dû à la famille. Dans les prochains jours, l’amicale de Diourbel va tenir un point de presse pour fustiger la lenteur sur le dossier, ainsi que celui de notre camarade, Mouhamadou Fallou Sène, tué à Saint-Louis, qui est aussi un Diourbellois. »

Quant à la conduite à tenir, indique le grand-frère, les décisions seront prises d’un commun accord avec les étudiants et les membres de la société civile, qui les soutiennent dans l’épreuve. Déjà, un message est lancé au chef de l’Etat, Macky Sall, pour « le respect des engagements » s’agissant du paiement des indemnités. « Je me souviens bien, lorsque le président (Macky Sall) avait appelé mon père, Mamadou Faye, il lui avait dit deux (2) choses : ’’Que celui qui a tué mon fils soit d’abord reconnu. Ensuite, puni par la loi. Enfin, que je puisse me mettre face à lui et lui dire qu’il répondra de son acte devant Dieu. »
Le drame est survenu le jeudi 14 août 2014, lors de violents d’affrontements entre forces de l’ordre et pensionnaires du temple du savoir. Les policiers étaient intervenus pour mettre fin au mouvement d’humeur estudiantin contre le retard du paiement des bourses. L’irréparable a fini par se produire. Un étudiant est touché. Grièvement blessé, Bassirou Faye, en Licence 1 de MPI (Mathématiques, physiques et informatique) à la Faculté des Sciences et Techniques, succombe. Très en colère, ses camarades étudiants étaient descendus dans la rue pour réclamer la démission des ministres Amadou BA, de l’Economie et des Finances, Mary Teuw Niane, de l’Enseignement supérieur, et Aly Ngouille Ndiaye, de l’Intérieur, au moment des faits.

Cinq (5) ans après, c’est l’amertume qu’on ressent dans les propos des proches du défunt. Ce, d’autant plus que c’est le même mal, la revendication du paiement des bourses, qui a emporté, le 15 mai 2018, Mouhamadou Fallou Sène, un autre étudiant Diourbellois tué à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB). « Ce mal gangrène toujours l’université. Si ça continue, d’autres étudiants seront tués », plaide Omar Ngom.

Des récitals de Coran et la distribution de bouillie de mil arrosée de lait caillé ont marqué la journée de recueillement.

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