AN 3 DE LA MORT DE FALLOU SÈNE : LE PROCÈS TOUJOURS ATTENDU MALGRÉ LE DÉCÈS DU JUGE SALL

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JUSTICE

15 mai 2018 ! Université Gaston Berger de Saint Louis ! Le paiement des bourses des étudiants enregistre un retard conséquent. Les apprenants, exténués par cette longue attente, décident de décréter des journées sans tickets pour se restaurer. Les autorités du Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint-Louis (CROUS) s’y opposent après avoir annoncé qu’elles prendront toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des restaurants. Joignant l’acte à la parole, elles ont fait appel aux forces de l’ordre qui envahissent l’espace universitaire. La tension est au summum. La confrontation est inévitable. Les étudiants décident de mettre en exécution leur plan, mais ils se heurtent à la haie des forces de l’ordre.

La tension débouche sur des affrontements violents entre étudiants et forces de l’ordre. L’étudiant Fallou Sène, atteint par balle au bas ventre, décède sur le coup. Beaucoup d’autres étudiants sont blessés. La mort de l’étudiant Fallou Sène émeut le monde estudiantin. La triste nouvelle, telle une trainée de poudre, fait le tour du monde et enflamme les réseaux sociaux avec des séries de protestations. Les étudiants, furax, décident d’en découdre avec les forces de l’ordre pour venger leur camarade qui est parti à jamais. Ils incendient le CROUS et saccage le Rectorat avant de faire cap sur le domicile ministre de l’enseignement supérieur de l’époque, Mary Teuw Niane qu’ils ont saccagé.

Une enquête a été ouverte et les investigations ont permis l’identification du présumé tireur, le lieutenant de la gendarmerie Moustapha Sané. Il est inculpé pour coups mortels et placé sous contrôle judiciaire. Il ne va pas en prison mais, il reste à la disposition entière de la justice. Il doit régulièrement émarger au cabinet du juge instructeur pour attester qu’il est toujours au Sénégal. En sus, à chaque fois qu’il doit sortir du pays, il doit avoir l’autorisation du juge d’instruction.

Déterminé à mener l’enquête de cette affaire jusqu’au bout afin que la lumière y soit faite, le magistrat instructeur a presque entendu tout le monde. Il ne lui restait plus qu’un seul étudiant, témoin des faits et qui a été entendu à l’enquête préliminaire. La Coordination des étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint décide ee se constituer partie civile. Elle avait, par l’intermédiaire de son avocat, saisi le défunt doyen des juges Samba Sall, aujourd’hui décédé. Il avait, à l’époque, avait manifesté quelques réticences à recevoir leur constitution.

Le 15 mai de l’année dernière, les étudiants n’avaient pas pu commémorer la mort de leur camarade à cause de la pandémie de Covid-19 qui avait conduit à la fermeture du campus social. Ils avaient marqué ce triste jour d’une autre manière. Les pensionnaires de Sanar, ne pouvant pas organiser des manifestations, avaient invité leurs camarades à mettre en profils WhatsApp la photo de Fallou Sène, avec plusieurs slogans. : « Non à un crime sans criminel, justice nous demandons ! Justice nous réclamons ! » Cette année, contrairement à la précédente, avec la décélération des cas positifs du coronavirus, il y aura certaines manifestations pour prier pour le repos éternel de l’âme du défunt. En attendant que le procès s’ouvre enfin.

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