APRÈS LES FONDEMENTS, LA MAISON DES REPORTERS PASSE À LA VITESSE SUPÉRIEURE

news-details
MÉDIAS

Moussa Ngom reçoit sous un arbre un journaliste de RFI (Radio France Internationale) un dimanche. Ce jour-là, la demeure familiale sise liberté 5 est presque calme. Seules les voix des enfants dans le salon et le son du téléviseur à peine audibles, se font entendre. Cette fois-ci, le jeune journaliste, est donc, loin du décor du 30 septembre 2019. A cette date, sous le feu des projecteurs, en présence de ses sympathisants (famille, adhérents, amis...), il lança officiellement "la maison des reporters".

Cela fait suite à une campagne de communication intense sur les réseaux. Avec un objectif précis : récolter le maximum de fonds du public pour financer son projet d’un « journalisme indépendant et de qualité ». Moussa Ngom qui comptait rassembler près de 16 millions de francs CFA pour acquérir du matériel et surtout se doter d’un local, n’a pu obtenir de ses abonnés que la somme de 1.401.950. Francs CFA.

Mais plus de 2 mois après la cérémonie de lancement de "la maison des reporters", l’absence d’un local n’ébranle en rien sa volonté et son ambition de prôner un « journalisme indépendant ». Au contraire, le chroniqueur de la rubrique « fact-checking » sur iRadio, vient de frapper un coup journalistique pour ne pas dire médiatique en diffusant deux enquêtes.

L’une, intitulée « corruption au Sénégal : la gangrène du système », d’une quinzaine de minutes, s’attaque à la corruption dans la sécurité publique. Dans cette première enquête, le journaliste met au-devant de la scène les relations entre « corrompus » et « corrupteurs » sur les routes sénégalaises.

Un chauffeur en partance de Dakar pour Touba, à l’occasion du Magal, est à chaque fois obligé de débourser une somme à des agents de la circulation pour poursuivre son chemin. Des sommes « modestes » mais qui, à l’échelle nationale ont des « conséquences inestimables pour l’économie et plus globalement la société » a précisé le fact-checker sur le site internet de la maison des reporters.

L’autre plus récente, s’interroge sur la DER (Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Femmes et des Jeunes) : l’autre fonds politique ? Une enquête qui révèle les « dessous d’un système d’un achat de conscience utilisé en prélude de la présidentielle de 2019 ». Dans ce deuxième épisode, Moussa Ngom donne les paroles à des bénéficiaires de ce financement bien « choisis » car appartenant au « camp présidentiel sortant de l’époque ».

Une situation qui « sape » les fondamentaux de ladite direction. En effet, celle-ci doit en principe « répondre aux exigences de rapidité, de transparence, d’efficience dans le but d’apporter les meilleures solutions et l’accompagnement adéquat aux femmes et jeunes entrepreneurs du pays ».

Ces deux enquêtes entrent dans le cadre d’une série d’œuvres journalistiques dédiée à la corruption. Les moyens dont Moussa dispose et qu’il utilise dans ses productions, pour le moment, sont loin d’être extraordinaires. Mais les réactions que suscitent ses enquêtes, surtout sur les réseaux sociaux sont plus qu’encourageantes pour le journaliste. Ce dernier espère que les résultats obtenus en très peu de temps vont pousser ses confères à rejoindre la maison des reporters. Et quant au public de s’abonner davantage et par ricochet de financer le projet.

Pour lui, le public est le cœur de son initiative. Il peut même « suggérer des sujets à traiter puisque sa voix compte ». En Effet, Moussa Ngom, grand admirateur d’Edwin Plenel, co-fondateur de Mediapart, estime qu’un un tel système peut permettre d’instaurer « l’indépendance journalistique ». Un journalisme au service de l’ « intérêt public » où « les opinions pèsent si peu devant la puissance des faits ».

Vous pouvez réagir à cet article