APRÈS SEIZE ANS AU POUVOIR, MERKEL À L’HEURE DE LA SORTIE DE SCÈNE

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Législatives allemandes

Après 16 ans de règne, la Chancelière allemande Angela Merkel quittera le pouvoir à l’issue des élections fédérales de ce 26 septembre. Membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), elle est chancelière fédérale d’Allemagne depuis le 22 novembre 2005. Elle se retire de ses fonctions à 67 ans.

Chef du gouvernement, elle éclipse le président. Depuis 2017, c’est Frank-Walter Steinmeier (parti social-démocrate, SPD) qui occupe cette fonction. Une position essentiellement représentative.

Retour sur son parcours

Née Angela Kasner, elle est élue pour la première fois au Bundestag en 1991, la physicienne de formation, qui a décidé de garder le nom de son ex-époux, le physicien Ulrich Merkel, a été ministre fédérale des Femmes et de la Jeunesse au sein du cabinet Kohl IV, de 1991 à 1994. Avant de se voir confier le ministère fédéral de l’Environnement, de la Protection de la Nature et de la Sécurité nucléaire du cabinet Kohl V, jusqu’en 1998. Elle devient, en 2000, la première femme présidente de la CDU. Elle recueille 874 voix favorables contre 68, soit une majorité de 92,8 % des suffrages exprimés. Si le parti a déjà compté plusieurs vice-présidentes, y compris Merkel elle-même, c’est la première fois qu’une femme atteint un tel niveau de responsabilité dans l’appareil chrétien-démocrate.

Après la victoire relative de la droite aux élections fédérales de 2005, elle est investie chancelière fédérale et devient ainsi la première femme à accéder à cette fonction en formant une grande coalition alliant la CDU/CSU et le Parti social-démocrate (SPD). Elle est reconduite dans ses fonctions à la tête d’un gouvernement CDU/CSU-FDP en 2009, puis d’un nouveau gouvernement de coalition CDU/CSU-SPD en 2013 et 2018. Si elle bénéficie de résultats économiques jugés satisfaisants, elle est cependant fragilisée par sa politique d’ouverture des frontières lors de la crise migratoire en Europe et par le score historiquement faible recueilli par la CDU/CSU lors des élections fédérales de 2017. Ces élections débouchent sur une crise politique de six mois – une situation inédite dans l’Allemagne d’après-guerre. Elle ne se représente pas aux élections fédérales de 2021, quittant ainsi la chancellerie fédérale.

Des élections indécises qui referment l’ère Merkel

Désignée à quatorze reprises femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes (de 2006 à 2020, sauf en 2010), elle est durant ses années au pouvoir perçue comme étant la personnalité politique la plus puissante de l’Union européenne.

En Allemagne, la génération de moins de 25 ans ne connait que ’’mutti’’ (surnom affectueux de maman, en français). Il faut dire qu’après les effets de la crise économique de 2008, Angela Merkel a su stabiliser son pays. Malgré ses 31 ans de carrière, elle garde sa popularité. D’ailleurs, devant la dégringolade dans les sondages, avec des images montrant son successeur désigné, Armin Laschet, hilare derrière le président Frank-Walter Steinmeier, en pleine inondations meurtrières, elle sort de sa réserve pour apporter son coup de pouce.

Les deux principaux partis au coude à coude dans les derniers sondages

En août dernier, la CDU, avec son allié bavarois CSU, restait en tête des intentions de vote mais avait chuté à entre 22% et 23%, contre environ 30%, il y a quelques semaines, alors qu’en début d’année, il caracolait à 36%.

Un dernier sondage d’opinion réalisé mardi dernier place le SPD en tête des intentions de vote avec 25 % des voix contre 22 % pour la CDU, 15 % pour les Verts et 11 % pour l’AfD (extrême droite).

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