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DES ÉLÈVES INTERPELLENT L’ÉTAT ET LES ENSEIGNANTS

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Le Gouvernement et les syndicats d’enseignants, membres du G7, se retrouvent demain vendredi 25 février autour de la table des négociations. Dans la rue ce jeudi, les élèves de différents établissements scolaires de Dakar (Maurice Delafosse, John Fitzgerald Kennedy, Lycée des Parcelles Assainies (LPA),...), leur ont lancé un signal fort. « Nous voulons étudier », ont-ils scandé, lors de leur marche qui s’est ébranlée de la place de la Nation, ex-Obélisque, à la place Doudou Ndiaye Coumba Rose, Rond-point Rts, encadrée par les policiers.

« Que la date du Bac soit repoussée et le programme allégé »
Les élèves n’ont pas que cette revendication. Au-delà de la « cessation immédiate de la grève », ils veulent que la date des examens soit repoussée. « Cette situation dure depuis trois mois. Nous, élèves, on est fatigués de cette situation. Les professeurs ne viennent plus en classe. Cela est inadmissible. Je suis élève en classe de Terminale. Je dois préparer le bac. La date est fixée au 27 juin. Il nous reste dix semaines. Notre programme est vaste et jusqu’à présent, on n’a pas encore fait un tiers de notre programme. Je suis élève en L2. En Histoire-Géographie, j’ai plus de quarante leçons alors qu’on en est qu’à trois. Nous demandons que les professeurs reviennent en classe et que l’examen soit repoussé à une date ultérieure », a dénoncé le président du gouvernement scolaire de LPA 13, Cheikh Tidiane Dia, et représentant du collectif des gouvernements scolaires du Sénégal à Dakar.
D’où cette autre requête : « on veut qu’on réduise le programme. Parce que même pour les élèves (de la série) S qui ont un coefficient de 6 en SVT, ne peuvent pas faire plus de 33 leçons en dix semaines. »

« Les élèves n’ont pas de niveau »
« A Sédhiou, a-t-il martelé, il y a dix-huit abris provisoires. Nous réclamons justice. C’est un combat noble que nous sommes en train de mener. »
Dia et Cie s’adressent aux différentes parties prenantes dans la mesure où, si l’État est invité « à régler le problème », les enseignants en ont pris pour leur grade. « Le fait de ne pas venir en cours ne les empêche pas d’en donner dans le privé. Raison pour laquelle, durant trois semaines, on est à notre troisième plan d’actions, délogeant toutes les écoles voulant tenir leurs compositions. En seconde, on avait fait qu’une seule composition. En Première, on avait diminué le programme. Maintenant, en Terminale, on n’a pas de niveau. Et, on ne pourra pas réussir comme ça. »
Le collectif va se réunir si les négociations n’aboutissent pas demain pour la « mise en place d’un nouveau plan d’actions ».

La boutade de passants : « nous voulons travailler »
La présence de Fanta Badji, parent d’élèves, n’est pas passée inaperçue. Interpellée sur sa présence, elle a expliqué qu’elle aurait souhaité que les autres parents d’élèves en fassent autant, en venant soutenir leurs enfants.
Des passants ont taquiné les manifestants, leur lançant : « vous voulez étudier, nous, nous voulons travailler ».

Die BA
Abdoulaye SYLLA (Photo)

24 février 2022


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