ASSURANCE - SÉCHERESSE : A QUOI VONT SERVIR LES 13 MILLIARDS VERSÉS AU SÉNÉGAL ?

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ENVIRONNEMENT

L’Etat du Sénégal a reçu une enveloppe de 13 milliards de francs CFA de l’Organisation africaine de gestion des risques (African Risk Capacity, ARC). Cela fait suite aux dérèglements climatiques qui ont causé une insécurité alimentaire dans une partie du pays. L’annonce a été faite par le directeur de ladite organisation, à l’issue de sa rencontre avec le président de la République, Macky Sall, en présence du ministre de l’intérieur, Aly Ngouille Ndiaye.

Cette manne financière, reçue par le Gouvernement, membre de la société d’assurance de la mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) entre dans le cadre d’un programme de financement contre les risques de catastrophe en Afrique via une assurance sécheresse. Un concept que nous avons essayé de comprendre, avec l’éclairage d’Adama Wade, Directeur du magazine Financial Afrik.

C’est quoi une sécheresse - assurance ?

Adama Wade explique que l’assurance - sécheresse fonctionne comme une mutuelle. Le spécialiste en Finances et en Économie rappelle qu’elle a été créée par l’Union Africaine pour renforcer la solidarité entre pays africains face aux changements climatiques (sécheresse, inondations et autres problèmes environnementaux). « Justement, si le Sénégal a pu bénéficier de ce financement, c’est parce qu’il a souscrit à l’assurance - sécheresse de l’organisation africaine de gestion des risques », informe Adama Wade.

Durant cette année 2019, la sécheresse a touché certaines parties du Sénégal et d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. « Le retard de la pluviométrie » en est la principale cause fait remarquer Adama Wade. « Un phénomène qui a impacté la production agricole ». « C’est tout l’importance de bénéficier de l’assurance sécheresse » a déclaré le Directeur de publication de Financial Afrik, interrogé par iRADIO.

Le monde rural, principal bénéficiaire

Pour montrer l’importance de cette couverture contre les aléas climatiques.
Adama Wade prend l’exemple du Mozambique. Un pays qui a « souffert cette année d’un cyclone dévastateur ». En effet, le passage de « Kennet » avait fait dans ce pays au moins 38 morts et causé d’importants dégâts matériels. C’était au mois d’avril 2019. Mais au moment des faits, il n’avait pas pu recevoir un financement de l’organisation africaine de la gestion des risques. L’explication est toute simple : le Mozambique n’était pas encore Etat signataire de l’ARC. C’est seulement, après ce cyclone que les autorités mozambicaines ont frappé à la porte de l’ARC.

Selon Adama Wade, Cette organisation constitue aujourd’hui une réponse « dynamique » face aux problèmes environnementaux. En prenant en compte notamment les dépenses du monde rural. Mais Cela, doit se faire en parfaite collaboration avec l’état et parfois avec des organisations de la société civile qui interviennent dans le domaine.

A noter que cette enveloppe de 13 milliards F CFA est allouée au Sénégal par l’Organisation africaine de la gestion des risques dans un contexte où son Président, Macky Sall, vient d’être désigné "champion pour la défense de la protection de la nature" par National Geographic Society. C’est dans le cadre de la mise en place d’une coalition de nombreux pays pour défendre cette cause en vue du prochain sommet des Nations-Unies pour la protection de la biodiversité.

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