ATTENTES DES JEUNES : LA FORMATION AU CŒUR DES PRÉOCCUPATIONS

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CONSEIL PRÉSIDENTIEL

Le président Macky Sall préside, ce jeudi 22 avril 2021, un conseil présidentiel sur l’emploi des jeunes. Cette assemblée vient à la suite des nombreuses manifestations qui ont eu en mars et ayant causé plusieurs morts. D’ailleurs, le président Macky Sall a déclaré lors de son adresse à la nation le 8 mars, "je comprends vos inquiétudes et vos préoccupations".

Une phrase qui veut prendre tout son sens avec l’organisation du forum du jour, consacré à l’emploi des jeunes. Ces derniers étant les cibles, ils ont tous des attentes quant à cette assemblée. L’artisanat, un secteur prioritaire du développement économique et social du pays, reste un domaine qui ne cesse de faire face à plusieurs épreuves surtout avec les contraintes liées au tourisme et causées par le covid-19.

Dans la commune de Médina, on retrouve plusieurs cordonniers organisées en petites unités informelles. Les fabriques de chaussures y sont tellement nombreuses qu’il est facile de croire que c’est le quartier général des artisans du cuir. Dans un atelier, des chausseurs s’activent à la tâche. Ils sont une dizaine qui font chacun quelque chose différent des autres. Quand les uns découpent, ou mesurent, d’autres collent, raccommodent ou perfectionnent, tout cela, dans un silence très troublant. Les seuls sons qui nous parviennent sont les bruits que font leurs différents matériels.

Ibrahima Mbow, mains sur la tête, semble chercher un moment de répit après plusieurs heures de travail, mais en réalité, il exprime ainsi une lassitude comme il nous le fait savoir. Concernant le conseil sur l’emploi des jeunes, il n’est pas au courant. Par contre, il attend une grande aide de la part du Président. "Nous artisans cordonniers, nous sollicitons du président qu’il nous vienne en aide en nous octroyant des financements. Toutefois, il faut que des enquêtes soient menées sur le terrain par des professionnels afin que nous puissions bénéficier de tout ce qui nous est promis", lance-t-il avant de reprendre son travail.

À côté de l’atelier de Ibrahima Mbow, un autre, abrite plusieurs hommes qui eux aussi fabriquent des chaussures mais aussi des ceintures. Ici, c’est Iboulaye Sow qui s’exprime. Ces préoccupations sont basées sur un point encore plus exigeant ; la formation. En effet, ce cordonnier soutient que ce dont ils ont besoin, c’est une formation accompagnée d’un suivi. "Nous sommes à une époque où la formation est très importante et c’est justement là où il faut insister. Avant de donner de l’argent aux jeunes, il faut les former d’abord sinon toute somme qui leurs sera remise ne sera que du gâchis car ils ne sauront pas comment l’investir. C’est justement ce qui s’est passé avec des projets comme la Der, le Fongip et d’autres", confie ainsi Iboulaye.

Cette ruelle sise à la Médina, est témoin de toute une pollution sonore avec les klaxons des voitures, les vrombissements des scooters, les hennissements des chevaux. Cette ambiance ne semble pas déranger ces chausseurs qui, à force d’entendre ces mélodies bruyantes, ont fini par s’y habituer.

Un autre décor, une autre ambiance. Là, c’est le bruit des vagues déferlantes sur la rive qui change un peu des sons de la Médina. Nous sommes à Soumbédioune, plus précisément au marché artisanal. Là aussi, c’est un calme très apaisant qu’on retrouve ici. Pas de grands mouvements, le ramadan est certainement à l’origine. Des sacs en cuir et en wax, des ceintures, des chaussures tout est là dans ce marché artisanal. Yatou Thiam, est le président des bijoutiers, président de l’ensemble des corps de métier du marché artisanal de Soumbédioune.

Tout comme Iboulaye, M. Thiam soutient que la formation est ce qu’il faut aux jeunes. "Il faut former les jeunes. Moi, mes attentes sur le conseil sur l’emploi des jeunes c’est que le Président insiste sur la formation des jeunes, il faut qu’il insiste sur ce point. Les jeunes doivent être formés et poussés à appliquer leurs compétences".

Même refrain chez Moussa Diop. Lui, c’est le président des jeunes bijoutiers du marché. Ses attentes restent les mêmes que celles de M. Thiam. Il confie, "nous sommes des jeunes très ambitieux et pour nous, il est hors de question que nous fassions de l’émigration clandestine. Alors, nous attendons du Président Macky Sall qu’il nous aide en nous proposant des formations susceptibles de pouvoir nous renforcer et nous aider. Nous souhaiterions aussi bénéficier de financements afin de mener à bien nos projets. Mieux encore, nous aurions bien aimé être convié à ce conseil".

La formation, c’est l’attente majeure soulevée par les jeunes. Malgré les différents programmes mis en place pour les financements de projets, ils soutiennent que des financements sans projets ne serviraient à rien.

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