AU CŒUR DES GRANDS DÉFIS DE LA RÉGULATION

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SORTIE DE PROMOTION

Fraîchement nommé par le président de la République, à la Direction de la société publique nouvellement créée dans le secteur des hydrocarbures, Petrosen Aval, El Hadji Manar Sall a présidé la cérémonie de sortie de la "promotion Mouhamadou Makhtar Cissé" du Master « Droit et Économie de la Régulation » de l’Institut Edge, ce samedi 18 janvier 2020.

Une promotion qui vient à point nommé. Puisque relève le représentant du ministre du Pétrole et des Énergies, El Hadji Manar Sall, « le secteur de l’Énergie, avec les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz ainsi que les réformes en cours, a besoin d’un régulateur fort et envisage de mettre en place une commission de régulation. »

Récipiendaire, Oumy Diop a du mal à cacher son émotion, en s’engageant au nom de ses promotionnaires à participer au renforcement de la régulation. « La régulation est une thématique importante pour le développement de toute économie, souligne-t-elle. L’objectif du Master était de former des professionnels de haut niveau dans le domaine des régulations des marchés en leur apportant les connaissances économiques, juridiques mais également fiscales et financières, nécessaires pour exercer ce métier particulièrement exigeant. Les enseignements nous ont permis de comprendre que la régulation consiste à assurer le fonctionnement des systèmes sociaux-économiques complexes en harmonisant les points de vue, en arbitrant les différents intérêts présents aussi bien en aval pour résoudre les litiges qu’en amont pour fixer les règles du jeu, et définir les équilibres souhaitables. »

Le secteur des hydrocarbures fortement représenté

A l’exception de la Poste, le secteur de l’Énergie, notamment des hydrocarbures, a été fortement représenté dans cette promotion, compte tenu des enjeux futurs. Présentée comme « une nouvelle forme de l’action de l’Etat » par Pr Abdoulaye Sakho, formateur principal et Directeur de l’Institut Edge, la régulation intéresse des secteurs économiques très disparates, qui ont en commun d’être nouvellement ouverts à la concurrence, et qui ont besoin d’une surveillance permanente en vue d’éviter les trop grands déséquilibres. Parmi ces secteurs économiques figurent les télécommunications, l’électricité, l’audiovisuel, la commande publique, le transport, la banque, la finance.

La crédibilité, maitre-mot de la régulation

Dissertant autour du thème sur la régulation sectorielle et la concurrence dans l’espace de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA), Diago Diouf Faty, experte en planification, management et régulation du secteur des Communications électroniques et des Postes, part du principe que le maître-mot de la régulation est « la crédibilité ». Elle recommande, entre autres, de se doter d’un régulateur unique pour la concurrence. Dans son argumentaire, la conférencière met en avant le cas « particulier et intéressant » de l’UEMOA, pour des avantages liés aux gains en matière de sécurité juridique des affaires, et compte tenu de « l’importance de la prévisibilité », entre autres.

D’où la nécessité, défend-elle, de « créer une autorité de régulation indépendante en garantissant son indépendance objective et son autonomie financière, et hiérarchique ». Pour elle, la crédibilité doit également passer « par l’expertise, l’indépendance, des règles de recrutement clairs, par la diligence des procédures simples et rapides », autour d’une panoplie d’outils.
Toutefois, « on peut réguler un secteur sans en être un professionnel », signale-t-elle, pour « un œil nouveau et des innovations ».

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