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« AUCUN POINT N’A ÉTÉ MIS EN ŒUVRE » (RACINE SY ET CIE)

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Les acteurs du secteur du tourisme ont procédé hier à l’évaluation de la mise en œuvre du Mémorandum sur l’état du tourisme et de l’hôtellerie au Sénégal. Les acteurs n’ont pas manqué l’occasion de tirer sur leur ministre de tutelle, Alioune Sarr, qui, selon eux, n’a mis en œuvre aucun point du mémorandum remis au chef de l’Etat.

Ils n’ont pas raté Alioune Sarr hier. Les acteurs du tourisme et de l’hôtellerie ont l’impression que leur secteur n’est pas pris en compte dans la démarche de leur ministre de tutelle, qui se préoccupe plus, selon eux, du secteur aérien que du tourisme. « La vérité est que le ministre Alioune Sarr nous endort. Ce n’est pas lui qui nous fait vivre. Il faut arrêter de se cacher derrière notre petit doigt. Il y a des choses qui sont inacceptables. Depuis 18 mois, il n’y a pas un point du mémorandum qui a été remis au président de la République et mis en œuvre par Alioune Sarr.

Ce comportement est inacceptable. Je le dis haut et fort, on a un ministre des transports aériens, mais pas ministre de tourisme, ce poste-là est vacant », peste Mamadou Racine Sy, Président du Syndicat patronal de l’industrie touristique et hôtelière du Sénégal (Sphs), qui faisait face hier à la presse au King Fahd Palace. En effet, pour soutenir l’économie nationale durement éprouvée par la pandémie de la Covid-19, le président de la République avait instruit le gouvernement de mettre en place des mécanismes de financement pour relancer les activités du secteur privé, particulièrement celles du tourisme et des transports aériens. C’est ainsi que le Crédit hôtelier et touristique (Cht) a été mis en place, mais qui, selon M. Sy, a été « délibérément dévoyé ». « Le tourisme qui devait initialement recevoir 50 milliards de FCFA sur les 75 milliards alloués par l’État du Sénégal, a été laissé en rade malgré les instructions fermes du chef de l’État », a-t-il insisté.

« Nous aurons un plan d’action dans tout le pays »

Pour ce qui concerne le financement des entreprises du secteur par le Cht, la Banque nationale pour le développement économique (Bnde) s’était engagée à contribuer au développement de l’offre touristique, notamment en mettant en place des financements adaptés. Mais les acteurs du secteur du tourisme estiment que l’absorption de ce crédit est difficile car la banque demande des garanties qui ne font pas leur affaire. « On avait mis en place des montants au niveau des différentes banques. Mais nous avons remarqué qu’une partie de cet argent a été mise à la disposition du secteur aérien. Le secteur du tourisme a été fortement lésé à cause de cette décision arbitraire et discriminatoire », a déploré M. Racine Sy.

En plus de leur marginalisation et la fiscalité qui les frappent de plein fouet, les directeurs des hôtels privés sont également montés au créneau pour réclamer à l’Etat des millions de FCFA qu’il leur doit depuis des mois. Pour eux, Alioune Sarr est à la base de toutes ces difficultés. « Je me demande si on a encore besoin de croire à notre ministre de tutelle. Parce que le crédit du tourisme n’est pas né sous Alioune Sarr mais il est à la base de tous problèmes auxquels nous sommes confrontés. On n’a pas besoin que le ministre soit poli ou gentil, on a besoin que les choses avancent. Les gens ont attendu durant deux ans pour faire débloquer un crédit, on ne peut plus continuer à accepter cette situation », a tancé Pathé Dia, directeur de l’hôtel Teranga Saly.

Ces acteurs qui disent avoir subi beaucoup de dommages, pensent qu’il leur faut au minimum trois ans pour sortir la tête de l’eau. « Nous demandons une concertation pour évaluer la situation et prendre les mesures idoines pour permettre au secteur de jouer sa partition. Dans les semaines à venir, nous aurons un plan d’action dans tout le pays pour que les gens puissent exprimer leurs préoccupations », a annoncé le Président du Syndicat patronal de l’industrie touristique et hôtelière du Sénégal (Sphs).

Fodé B. CAMARA

27 avril 2022


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