AUDIO - LES GERMES D’UNE VIOLENCE DANS LA PÉRIODE PRÉ-ÉLECTORALE AU MENU DES DÉBATS

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REPLAY LR DU TEMPS

L’Historien Abdourahmane Ngaïndé et le spécialiste en Sciences politiques Mamadou Hady Dème, étaient les invités d’Alassane Samba Diop, ce dimanche, 20 janvier 2019, dans l’émission "LR du temps", sur iRadio (90.3 FM). Au menu des débats, les deux professeurs de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) ont évoqué, entre autres sujets, les germes d’une violence programmée dans cette période pré-électorale.

Vous pouvez écouter l’intégralité de l’émission :

Mamadou Hady Dème, qui campe « le contexte assez particulier de l’élection présidentielle du 24 février 2019 », explique : « Nous sommes dans une période pré-électorale assez sensible. Cela est perceptible dans les rues de Dakar avec le déploiement des forces de l’ordre dans les différentes artères mais aussi la frustration emmagasinée par une certaine opposition suite à la publication de la liste provisoire des candidats à l’élection présidentielle. Nous nous acheminons vers une élection assez particulière en ce sens que nous sommes en phase expérimentale de ce qu’on appelle le parrainage. Si on replace ce système dans son contexte, il a été mis en place pour rationnaliser les candidatures à l’élection présidentielle parce que suite aux élections législatives, on s’est retrouvé avec 47 listes et cela a posé un problème d’organisation des élections du 30 juillet 2017. Il fallait réfléchir sur un mécanisme qui puisse permettre de rationnaliser les candidatures. »

Pour sa part, Abdourahmane Ngaïdé ne masque pas son inquiétude. Il soutient « qu’il y a quelque chose qui peut nous faire trembler » surtout face « au poids que représentent les deux pointures (que sont) Khalifa Sall et Karim Wade », écartés de la liste provisoire rendue publique par le Conseil constitutionnel le 13 janvier dernier. Mettant l’Etat devant ses responsabilités, l’Historien indique qu’il doit assurer « la tranquillité des populations. » « En amont du parrainage, poursuit-il par ailleurs, il y a aussi des choses. Il y a des accumulations de frustrations qui se sont étalées sur le temps et qui peuvent être des catalyseurs de violences. »

Mamadou Hady Dème ajoute qu’à défaut de rationnaliser les partis politiques, il faut le faire pour les candidatures. Pour lui, le problème fondamental, c’est qu’on assiste à une fragilisation de nos Institutions qui se répercute sur le processus électoral, sur l’espace politique. « C’est ce qu’on a vu avec le parrainage qui a permis d’avoir une liste provisoire de cinq (5) candidats parmi les plus représentatifs de l’espace politique sénégalais, détaille-t-il. Lorsqu’il fallait retirer les fiches de parrainage, il y avait une centaine de candidats à la candidature. Aujourd’hui, on se retrouve avec cinq. »

Abdourrahmane Ngaïdé revient à la charge et recommande de « faire retrouver à nos Institutions leur sacralité en ayant confiance à ces Institutions mais aussi à ce que ces Institutions dictent comme règles du jeu. C’est de cette manière qu’on pourrait pacifier l’espace politique. »

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