AUTOPONT SAINT-LAZARE : 10 MILLIARDS FCFA POUR FAIRE DISPARAÎTRE LES EMBOUTEILLAGES

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INFRASTRUCTURES

Les automobilistes qui empruntent la VDN peuvent pousser un grand ouf de soulagement ! Ils ne vont plus se confronter aux embouteillages monstrueux qu’on notait sur cet axe. Pour cause, l’autopont qui jouxte le cimetière Saint-Lazare sera ouvert à la circulation à partir de ce jeudi, 2 juillet 2020. 11 mois après leur entame, les travaux de cet ouvrage sont achevés. Du moins, pour la première partie, qui devrait permettre l’utilisation du pont par les usagers.

Le choix de la réalisation des autoponts sur la VDN n’est pas fortuit. Cheikh Tidiane Thiam, ingénieur chef de la division ouvrage et Arts à Ageroute nous a détaillé les raisons pour lesquelles les autoponts sont construits sur cet axe.

« Si on regarde sur Dakar, les voies les plus circulées, c’est la Route nationale qui sort de Dakar et la VDN. Et, le trafic de la VDN va s’accentuer parce qu’il y a les travaux de la VDN3 qui vont reprendre au mois de septembre de cette année. Une fois finie, ce sera une voie qui va desservir toute la banlieue et d’autres zones. Ça permettra aussi d’avoir une alternative pour sortir de Dakar en ne passant pas par la route nationale ni par le péage. Donc, c’est déjà un axe qui est fréquenté et, la fréquentation n’est pas appelée à baisser. C’est ce qui a justifié qu’on mette autant de moyens sur cette VDN pour lui redonner ses caractéristiques d’origine », a expliqué Cheikh Ahmed Tidiane Thiam.

Le coût de cet autopont, long de 400 m avec 2 voies de 7,5 m par sens, est de 10 milliards de francs CFA, réalisé en 11 mois (début des travaux, ajout 2019). Cependant, l’enveloppe de ce projet ne concerne pas seulement la réalisation du pont. C’est l’ouvrage et tout ce qui est aménagements connexes.

Avec l’ouverture de cet ouvrage et celui, trois mois plus tôt, du rond point Sonatel, entre la cité Keur Gorgui et la bretelle qui va vers Mermoz, la VDN s’offre ainsi deux ouvrages qui devraient donner un coup d’accélérateur au trafic sur cet axe qui se retrouve ainsi avec 7 autoponts entre la plage de Diamalaye et le rond-point OMVS (autopont Diamalaye, Échangeur Cices, autopont Sipres, autopont Saint Lazare, autopont ancienne Piste, autopont Sonatel, autopont OMVS). De quoi espérer dire adieu aux énormes bouchons qui traumatisaient plus d’un automobiliste.

« On peut dire adieu aux embouteillages qu’on rencontrait sur Keur Gorgui et Saint Lazare », a fait savoir l’ingénieur chef de la division ouvrage et Arts à Ageroute. Mais, précise-t-il, il y a des conditionnalités à respecter car, à son avis, il ne suffit pas de faire un ouvrage pour que tout roule comme sur un autopont tout neuf.

« La réalisation de l’ouvrage est une chose, mais la fonctionnalité de l’ouvrage aussi dépend des usagers qui sont régis par des règles », dit-il. D’après lui, la principale règle c’est le respect du Code de la route. Ainsi, il faudrait que les usagers respectent le Code de route. Il les appelle ainsi à avoir le bon comportement, à respecter le code de la route pour qu’on puisse avoir les fonctionnalités entendues de l’ouvrage mais aussi de le préserver.

La réalisation de cet autopont n’a pas été sans contrainte. Et, la, première contrainte qu’il fallait lever c’était d’éviter les cisaillements, c’est-à-dire les voitures qui se rencontrent. Car, avec le rond-point qui s’y trouvait auparavant, les voitures se rencontraient. Ce qui faisait que la VDN n’était pas une voie rapide. Mais rassure Cheikh Thiam, le problème a été réglé en faisant la réalisation de l’ouvrage. « Le pont à deux fois deux voies qui permet, quand vous êtes sur la VDN de circuler et de ne plus rencontrer de véhicules qui vont obstruer ou limiter la fluidité du trafic », se réjouit-il.

« 16 000 mètres carrés de zones pavées en allées piétonnes »

Revenant sur les aspects techniques du pont, l’ingénieur Cheikh Tidiane Thiam renseigne qu’il y a deux composantes sur ce projet. La principale composante c’est la construction du pont qui, aujourd’hui, est achevé et son ouverture permettra de réaliser la deuxième composante. En effet, l’ouverture de ce ont, d’après les explications de M. Thiam, permettra de faire tout ce qui est opération d’aménagement au sol.

« Tout le trafic sera basculé sur le pont. Ce qui permettra de faire les travaux d’aménagement au sol. D’habitude, on faisait un pont avec ses fonctionnalités et on s’en arrêtait là. La spécificité de ce projet c’est que derrière ce pont on fait un aménagement important notamment avec des allées piétonnes. Sur ce pont, on fait 16 mille mètres carrés de zones pavées qui seront des allées piétonnes où le public pourra circuler, faire des promenades. Aussi, il y a aura des espaces publics où les gens pourront s’asseoir d’un côté », renseigne-t-il. Avant d’ajouter : « D’un autre côté, il y avait, ici, une aire de sport au niveau du terreplein central. On a une aire de sport qu’on refait de l’autre côté avec des équipements modernes qui permettront aux adeptes du sport de continuer à faire leur sport ici ».

La préservation de l’environnement est également prise en compte dans cet ouvrage. Nul n’ignore que la capitale sénégalaise manque d’espaces verts. Ainsi, les réalisateurs de cet ouvrage ont essayé, avec des jardiniers, d’agrémenter le paysage et d’améliorer l’environnement.

Par ailleurs, signale notre interlocuteur, pour la construction des ponts, des efforts pour impliquer les entreprises privées nationales ont été faits avec une sous-traitance qui va au-delà de 50%. Une façon de contenter les entrepreneurs sénégalais qui fustigeaient le fait que les grands projets de l’Etat étaient exclusivement réalisés par des étrangers. Pour ce projet, « tout ce qui est métal est de l’œuvre de l’entreprise "Matière", parce que c’est son cœur de métier. Par rapport à l’aspect béton et à la voierie, c’est une entreprise sénégalaise "SISMAR" qui a réalisé tout ce qui est fondation produits noirs. L’esthétique est réalisée par Gravupub », a expliqué M. Thiam pour dire que les entreprises sénégalaises ont été bien associées à la réalisation de cette infrastructure. À charge désormais, aux automobilistes et aux piétons d’en faire bon usage.

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