AVEC PLUS DE 142 MILLIARDS FCFA EN 2020, LE SÉNÉGAL, 1er CLIENT DE LA FRANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

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ACHAT D’ARMES

L’Afrique est le continent où les gouvernements ont moins investi au profit des forces armées au cours des 32 dernières années (1988-2020) selon le Ministère français des Armées.

En novembre 2019, l’ex Premier-ministre français, Edouard Philippe, alors en visite officielle au Sénégal, révélait la signature d’une série de six autres accords passés entre les deux Etats concernant divers secteurs tels que la Culture, les Transports, les Finances ou encore l’équipement militaire. Pour ce dernier volet, les montants n’avaient pas, à l’époque, étaient dévoilées mais un document ministère français des Armées est venu apporter la lumière sur les commandes du Sénégal pour les années 2019 et 2020.

En 2020, le Sénégal est largement devant tous les pays de l’Afrique subsaharienne, en commande d’armements à la France. Selon le rapport du ministère français des Armées destiné au Parlement et portant sur les exportations d’armement, en 2020, le Sénégal a remporté, pour les pays d’Afrique subsaharienne, la palme des acquisitions d’armes françaises avec un montant de 217,2 millions d’euros (environ 142,47 milliards FCFA), très loin devant le Cameroun (28,7 millions d’euros, soit 18,82 milliards FCFA) et la Côte d’Ivoire (24,3 millions d’euros, soit prés de 16 milliards FCFA).

Dans tout le continent africain, seul le Maroc dépasse le Sénégal, avec 425,9 millions d’euros (278 milliards F CFA) en achat d’armes via à la France, sur l’année 2020, année durant laquelle le montant des commandes a toutefois connu une baisse car s’élevant à 4,9 milliards d’euros, contre 8,3 milliards d’euros, l’année précédente, selon le rapport.

L’année précédente, en 2019, c’est l’Algérie, avec un montant de 117,7 millions d’euros, suivie du Maroc avec 81,6 millions d’euros et du Nigeria avec 32,4 millions d’euros, qui ont remporté la palme, tandis que le Sénégal, qui n’avait dépensé que 0,2 million d’euros cette année-là, était devancé par au moins 16 pays africains.

10 LICENCES AU SÉNÉGAL POUR 4,8 MILLIARDS FCFA

Le rapport révèle que des licences pour différents types d’armes ont été délivrées en 2020 aux clients de l’industrie de l’armement français. Il est rapporté, pour le Sénégal, que dix licences pour 7,354 millions d’euros, soit 4,8 milliards F CFA, ont été délivrées pour différents types de matériels militaires, la même année.

Sur les dix dernières années, le Sénégal a passé des commandes en armement d’un montant global de 361,3 millions d’euros, soit 237,017 milliards FCFA.

Ces données partagées par le ministère français des Armées proviennent des déclarations semestrielles de la part des opérateurs économiques, au titre de l’arrêté du 30 novembre 2011 fixant l’organisation du contrôle sur pièces et sur place effectué par le ministère des Armées en application de l’article L.2339-1 du Code de la Défense. Les résultats de cette collecte concernent particulièrement deux régions de l’Afrique que sont l’Afrique du Nord et l’Afrique Subsaharienne et ce pour deux années (2019 et 2020).

ÉQUIPEMENT POUR PROTÉGER LES COTES EN VUE DE L’EXPLOITATION DU PÉTROLE ET DU GAZ

Dernièrement, le Sénégal s’est doté, auprès de la France, de trois nouveaux patrouilleurs (OPV-58) auprès du groupe français Kership, spécialisé dans la construction navale et fondé en 2013, ainsi que de missiles vendus par MBDA (société industrielle du secteur aéronautique et spatial et de l’industrie de l’armement, leader européen dans la conception de missiles).

Cette acquisition de patrouilleurs devrait coûter plusieurs centaines de millions d’euros selon Pascal Piriou, président du groupe Piriou, cofondateur de Kership. Un équipement grandeur nature viserait à protéger les cotes en vue de l’exploitation prochaine de réserves de pétrole et de gaz aux larges du Sénégal.

En octobre 2020, l’entreprise française Kership a démarré la construction des trois patrouilleurs OPV-58 que le Sénégal avait commandés lors de la visite en novembre 2019 du Premier ministre français d’alors Edouard Philippe. Une cérémonie symbolique de découpe de la première tôle du premier des trois patrouilleurs destinés à la Marine sénégalaise s’est tenue mercredi dernier, à Concarneau (France), en présence du Général Birame DIOP, Chef d’Etat-major Général des Armées et de l’Amiral Oumar WADE, Chef d’Etat-major de la Marine nationale.

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