AWA GUÈYE, VICE-PRÉSIDENTE ASSEMBLÉE : « NOTRE SOCIÉTÉ EST MALADE DE LA SÉCURITÉ »

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SÉCURITÉ ROUTIÈRE

La semaine mondiale de la sécurité routière est officiellement lancée par le Gouverneur de Dakar, représentant Me Oumar Youm, le ministre des Infrastructures terrestres et du Désenclavement, empêché par la tenue du Conseil des ministres. La cérémonie de lancement s’est tenue ce mercredi, 8 mai, à l’esplanade de la mairie des Parcelles assainies. Cette année, les élèves demandent une vitesse maximale de 30 Km/heure devant leurs écoles pour les sauver. Un appel appuyé par la présidente des femmes parlementaires, Awa Gueye. Une étape « cruciale » dans la sensibilisation sur la sécurité routière. Le thème choisi est : « Leadership sécurité routière : Femmes en avant »

« Notre société est malade de la sécurité »

« La question de l’insécurité routière constitue actuellement un fléau mondial avec ses lourdes conséquences en termes de décès, de blessés et de pertes économiques, déplore d’emblée la parlementaire par ailleurs membre du réseau parlementaire pour la promotion de la sécurité routière. Au Sénégal, le problème se pose avec acuité au regard du diagnostic opéré sur le secteur des transports terrestres qui révèle un bilan peu enviable. Nous constatons tous qu’il y a une recrudescence des accidents mortels accompagnés de dégâts matériels assez conséquents qui sont enregistrés chaque année. »

Face à cette situation, préconise la vice-présidente de l’Assemblée nationale, « il est urgent de mobiliser toutes les composantes de la société pour venir à bout de ce fléau. C’est d’ailleurs, ce qui justifie la création du réseau parlementaire pour la promotion de la sécurité routière. Mis en place en janvier 2019, ce réseau regroupe essentiellement des députés d’obédience politique différente, qui œuvrent pour l’amélioration de la sécurité dans le sous-secteur du Transport terrestre. Le réseau ambitionne d’insuffler un dynamisme nouveau dans le domaine de la prévention routière (dans) un cadre proactif tourné résolument dans la mise en œuvre d’actions concrètes susceptibles de renverser progressivement les tendances haussières des accidents routiers au Sénégal. » D’autant qu’alerte Awa Gueye : « Notre société est malade de la sécurité. Notre rôle de représentant du peuple nous incite à nous engager dans une campagne de sensibilisation des populations pour une meilleure prise en charge des questions de sécurité routière, porter le plaidoyer pour le respect strict du code de la route et, également pour des sanctions efficaces et effectives en cas de non-respect. »

Elle ajoute : « Les femmes qui représentent plus de 50% de la population ont une grande part à jouer. La femme qui est à la fois épouse, mère, sœur, grand-mère, nourricière, éducatrice et protectrice, se révèle être assurément être le pilier et l’épicentre de tous les enjeux de la vie. De ce fait, il est heureux de constater la prise en charge de la dimension genre dans la recherche de solutions qui s’est affirmée dans le choix du thème. A ce titre, il est impératif que les femmes soient formées et sensibilisées sur la conduite à tenir pour protéger les enfants des dangers de la route mais aussi des multiples défis à relever. Ces défis dépassent largement la protection des enfants et touchent tous les usagers de la route. Nous devons changer de comportements face à la route. »

Poursuivant, elle interpelle les « autorités du pays, le président Macky Sall, les forces de défense et de sécurité (et) les maires (de faire) respecter les 30 km/heure devant les établissements scolaires. »
Déjà formées, des femmes dont la journaliste Arame Diop, ont reçu leur attestation au cours de la cérémonie. Elles serviront de « relais » dans le cadre du programme.

« Les statistiques indiquent que les femmes sont les plus prudentes sur les routes », signale le maire des Parcelles assainies, Moussa SY.
Mansour Ndir, le Secrétaire général du syndicat des transports routiers du Sénégal, lui, insiste sur la libération des emprises piétonnes pour une meilleure circulation afin de réduire le nombre d’accidents. A ce propos, le transporteur interpelle tous les maires du Sénégal dans la conduite des opérations de désencombrement.

L’objectif du plan national de sécurité routière dans le cadre de la décennie mondiale 2011-2020, proclamée par les Nations-Unies, « est de réduire de 35% les accidents de la circulations, des tués et des blessés graves », rappelle Ousmane LY, représentant du directeur des Transports routiers.

L’hécatombe des accidents de la route

En Afrique, plus d’un million d’accidentés de la route chaque année, selon les estimations du Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (CETUD). Pis, le rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), publié en 2018, montre qu’au Sénégal, les chiffres sont passés à plus de 100%, 141, 9 % plus précisément de victimes d’accidents. « Chaque année dans notre pays, plus de 500 personnes meurent des accidents de la route. Et, 92% des accidents sont dus aux mauvais comportements des humains notamment l’excès de vitesse, le téléphone au volant, le non-port de casque et de ceinture de sécurité », alerte Ousmane LY.
Dans le cadre des activités de la semaine, un forum se tiendra à Ziguinchor, et un atelier à Nord-foire, entre autres.

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