AZIZ SALMONE FALL :« LA FRANÇAFRIQUE EST TOUJOURS LÀ »

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JURY DU DIMANCHE

Aziz Salmone FALL, enseignant sénégalais au Canada, prend le contre-pied de Souleymane Bachir Diagne, philosophe et professeur de français à l’université Columbia. Pour l’invité du JDD, ce 13 juin, "la Françafrique, ce n’est pas fini".

"Ce système est tout le temps en recomposition"

"Les post-mortem, on les a faites plusieurs fois. Plusieurs fois, on a dit que la Françafrique était morte. Je pense que c’est des figures de style. Il faut dire qu’est-ce que c’est exactement la Françafrique ? Je pense que ce sont des circuits à la fois affairistes, à la fois liés à des raisons d’États, à des intérêts africains eux-mêmes. Donc, ce n’est pas que la France, c’est un réseau opaque mais parfois qui a des intelligences avec la continuité de certains régimes. C’est le dispositif néocolonial qui a pondu ce système. C’est la dynamique de nos États qui doit mourir. C’est-à-dire ces États-là doivent sortir de la gang néocoloniale pour vraiment s’extirper de ce lien et se battre pour leur propre souveraineté. La situation au Tchad, au Mali, ce qui s’est passé en Libye, montrent bien que les agissements de la France continuent. Donc, ceux qui ont prématurément annoncé il y a dix ans, vingt ans, la mort de ce système, peut-être par un excès d’enthousiasme, ne voient pas l’ampleur et l’imbrication des intérêts français dans un pays comme le Sénégal".

Parlant de la lutte contre le terrorisme, le panafricaniste soupçonne ces puissances de "perpétuer" l’occupation militaire étrangère, en Afrique. "C’est commode pour elles. Parce que cela leur permet une occupation du terrain qu’elles ne peuvent plus régenter au niveau économique" du fait de la rivalité avec l’Inde et la Chine, défend-il.

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