Avant-première : Dakar aux pieds de « Sakho et Mangane »

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CINÉMA

Une opération de police menée par le Commandant Sakho (Issaka Sawadogo), au Marché Kermel de Dakar, mène à l’arrestation d’un jeune homme aux cheveux peroxydés. Sauf que celui-ci n’est pas un dealer. Il s’agit du Lieutenant Blaise Mangane qui a réussi à infiltrer le milieu de la pègre contrôlé par « Bouki » (rôle interprété par Joséphine Zambo). Par la suite, le duo est obligé, sur ordre de la ’’très sévère’’ commissaire Mama Ba (Christiane Dumont) nouvellement promue, de collaborer pour élucider le meurtre de Pauline Martens, une belge dont le corps a été retrouvé sur l’île de Teunguene (une île fictive par laquelle on accède par Anse Bernard, une plage de Dakar) où, un sacrilège de plus, le totem qui protège la communauté Léboue et qui permet d’avoir du poisson, a été également volé. Une collaboration dont le Commandant Sakho aurait bien voulu se passer, lui qui est obligé de travailler avec jeune loup fougueux prototype de la tête brûlée qui agit avant de réfléchir.

La diffusion de l’avant-première de « Sakho et Mangane », la série de deux flics à Dakar produite par Canal+, a cédé la place à un concert de félicitations du public venu nombreux à la salle du Canal Olympia, archicomble. Pr Massamba Gueye, conseiller technique du chef de l’Etat, Macky Sall, ne cache pas son émotion : « Quand je vous vois, par ceux et celles que je connais, je vois des trajectoires et des accomplissements. Aujourd’hui, je suis fier d’avoir la nationalité africaine. Merci au plus sénégalais des Sénégalais, Alexandre Rideau (Directeur de Keewu Production). Je sais de quoi je parle, je sais par quoi beaucoup sont passés. Oui, applaudissons parce que vous avez mis dans ce film quelque chose d’exceptionnelle. Le monde est fait de ponts. On est définitivement condamné à assumer l’avenir de ce monde et Senghor nous avait dit ’’Allez au rendez-vous du donner et du recevoir. C’est de là-bas que vous ferez la civilisation de l’universel, pas la civilisation universelle. L’Afrique a ses fétiches. On prend ses valises, on s’en va mais le génie se lève de Dakar et vous ramène et vous y jouez des films et vous vous y accomplissez. Foncez et avancez, moi j’attends le deuxième cycle parce que le premier a déjà commencé. »

Les larmes de Yann Gaël

Yann Gaël, Mangane dans la série, ne dira pas le contraire. Pris par l’émotion, il fond en larmes, en narrant son histoire. « Un jour au Cameroun, ma mère a pris ses valises et ses enfants et elle est partie. Quand j’ai rencontré Jean-Luc Herbulot, je me suis dit, je rentre à la maison, avec les choses que j’ai apprises et d’autres choses à apprendre. Merci pour tout ce qu’on est en train de construire ensemble. »

Né en Afrique centrale, au Congo, le réalisateur a affiché sa « frustration (d’avoir) grandi sans héros Africain ». « On était partagé, se souvient Jean-Luc Herbulot, entre les héros américains (Rambo, Arnold Schwarzenegger, entre autres acteurs) et les films de Kung Fu. La mission avec la série policière, c’était de faire quelque chose de sérieux. On s’est battu pendant un an et demi avec les comédiens. »

Dakar, l’un des personnages de la série

« De l’écriture du scénario jusqu’à la livraison des épisodes entièrement terminés, (développement, tournage, post-production, mixage), tout a été fabriqué à Dakar, explique Alexandre Rideau de Keewu Production. C’est l’un des défis que nous nous étions imposés et, ce que nous voulions démontrer, c’est que ces héros africains qui sont là pour toucher le public africain et du monde entier, on espère, c’est qu’ils peuvent voir le jour, être créés du début jusqu’à la fin, à Dakar. »

Poursuivant, il ajoute que des épisodes ont été filmés à Rebeuss, Dieuppeul, au Plateau, etc. 150 personnes ont travaillé sur le projet.
Un des scénaristes de la série, Diomaye Augustin Ngom de renchérir : « Il y a récemment un acteur de Hollywood qui est venu tourner ici à Dakar. Il a joué dans Spiderman 2. Ce n’est pas rien. Il y a quelque chose qui commence à s’implanter et qui fait que les gens ont le regard ici et Dakar semble être vraiment un lieu de prédilection pour ces gens-là. » Le défi est, insiste-t-il, « il ne faut pas qu’on se laisse une fois de plus damner le pion. Il ne faut pas que ces gens reviennent et démarrent des choses et ensuite que nous nous suivions derrière. Il faut qu’on soit la locomotive de cette action-là. Ensuite, eux ils viennent et qu’on leur fasse de l’espace pour qu’on puisse évoluer tous ensemble. » Aussi, parlant d’ « un renouveau du cinéma sénégalais qui est dû à une nouvelle vague de jeunes qui est là et qui est en train de prendre de plus en plus conscience de son potentiel et qui va bousculer pour imposer sa place », il les invite à ne pas « se fixer de limites. »

Khalima Gadji, l’actrice principale de la série ’’Maîtresse d’un homme marié’’, au cœur d’une polémique, joue le personnage de Awa dans ’’Sakho et Mangane’’. « Elle travaille dans la Brigade et elle a un restaurant qu’elle gère à côté, décrit-elle, elle a une relation avec Sakho et elle va intervenir dans les enquêtes. C’était huit (8) mois de tournage où on a eu beaucoup d’émotions, beaucoup de partages, d’expériences, » « On a le devoir de continuer », lâche Christiane Dumont.

Le contenu africain dans Canal+

’’Sakho et Mangane’’ est la deuxième série de Canal+Afrique, souligne Nathalie Folloroux, Directrice de la Programmation de Canal+. Qui ajoute : « C’est très important pour nous, ces séries parce que ça répond aux attentes de nos abonnés, de proximité, qui veulent voir l’Afrique comme elle est et comme ils la vivent avec ses nuances. »
La série, qui sera diffusée en exclusivité sur Canal+ à partir du 25 mars, est interdite au public âgé de moins de 12 ans. Sur des scènes, le Lieutenant Blaise Mangane, dans ses œuvres, braque un taximan, arme à la main, car son coéquipier avait refusé de le remettre les clés de son véhicule.

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