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BABA WONE DRESSE LE PORTRAIT-ROBOT DU CANDIDAT IDÉAL

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Les déclarations de candidature se multiplient en perspective de la présidentielle 2024. Ce que l’ancien directeur de Cabinet du président Wade trouve « un peu dommage. » Baba Wone, invité du Jdd, ce dimanche 13 novembre, explique : « C’est vrai qu’à l’approche d’une élection, le mercato est ouvert. Aujourd’hui, n’importe qui peut avoir 20 ou 30 personnes autour de lui, et qui (lui) dises ‘’c’est vous’’ (pour que) plein de gens rêvent d’être président. Que nous en soyons arrivés là est un signe. »

Partant du principe que « la présidence de la République doit être un aboutissement d’une carrière », il a mis en avant les trajectoires des quatre présidents sénégalais : « Il faut dire que le Président Macky Sall a eu en mode fast track une belle carrière. Il a occupé plusieurs postes ministériels. (Il a été) Premier ministre (et) président de l’Assemblée nationale. Il était comme profilé pour accéder à la magistrature suprême. »

D’autres n’ont pas eu ce parcours. Ce qu’il reconnaît d’autant plus qu’a-t-il souligné « ce n’est pas la seule manière d’accéder à la dignité d’être chef de l’État. » Il a cité « le combat politique » pour évoquer le parcours du successeur d’Abdou Diouf. « Il y a le combat politique, à travers lequel pendant un certain nombre d’années, on s’exprime et c’est au bout de cette constance que l’on arrive à cette charge. Le Président Wade en est une illustration. 26 ans de combat pour aboutir à la présidence de la République. »

Il ajoute : « Le président Abdou Diouf, pendant deux décennies ombre du président Senghor, après avoir eu une carrière administrative exemplaire. C’est aussi après avoir occupé plusieurs postes ministériels. Le président Senghor, c’est un militantisme. Il a été député et ministre en France alors que nous n’étions pas encore indépendants, et il a accédé à la magistrature suprême par la conjonction de forces politiques au début de notre indépendance. » Avant d’appuyer : « Donc, quoi que l’on dise, au Sénégal, nous avons une tradition de sanctions du mérite au bout d’une démarche. »

À la question de savoir ‘’Est-ce qu’une figure de l’opposition aurait cette envergure ?’’ Il a ainsi répondu : « nous sommes dans un pays organisé de la manière suivante : l’élection présidentielle est une élection au suffrage universel direct, à deux tours éventuellement. Il faut que le pouvoir et l’opposition respectent les règles du jeu. Il s’agit, selon lui, de laisser « la liberté » aux chefs de parti légalement constitué « d’organiser des manifestations politiques, d’écrire, de faire des vidéos, d’aller où ils veulent. »

En revanche, a-t-il tenu à souligner : « Ce qui est alarmant et que je déplore, c’est que des armes non conventionnelles soient utilisées contre un adversaire politique. Je dois dire que c’est d’ailleurs à la faveur d’un schéma comme ça que le Président Macky Sall est arrivé au pouvoir. Parce qu’il est parti du fait que le Président Abdoulaye Wade avait voulu le réduire au silence parce qu’il serait en compétition avec son fils. Le peuple sénégalais a arbitré et lui a donné le pouvoir. Donc, il ne devrait pas utiliser les mêmes outils vis-à-vis d’un adversaire pour le neutraliser. »
Pour lui, « il n’y a pas qu’Ousmane Sonko. » Car, a-t-il soutenu, le sort de Karim Wade interpelle aussi.

Dié BA
Abdoulaye SYLLA (Photo)

13 novembre 2022


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