BARROW ET L’ÉQUATION DE LA RÉÉLECTION

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Présidentielle gambienne

Alors que l’heure est au dépôt de candidatures pour les 26 aspirants à la magistrature suprême, le président sortant est déjà entré de plain-pied dans la campagne en vue de sa réélection. Entre tournées à l’intérieur, inauguration tous azimuts, le président Barrow multiplie ses opérations séduction pour maximiser ses chances d’être réélu. Cinq ans après l’alternance politique inattendue, il est loin l’époque où l’opposition faisait front commun pour détrôner le réputé indéboulonnable Jammeh, en 2016. L’opposition part au scrutin dans un rang dispersé, faisant le jeu du président sortant. A un mois juste de la présidentielle et à une semaine de l’ouverture officielle de la campagne électorale, quelles sont les chances du président Barrow d’être réélu ?

Un récent sondage effectué par une équipe de chercheurs de l’Université de Gambie l’a donné vainqueur dès le premier tour, flattant les égos dans son camp, mais le président sortant fait outre, il continue son opération séduction. Entre tournées à l’intérieur du pays durant lesquelles il a multiplié les promesses et inaugurations tous azimuts, l’heure n’est pas à l’autoglorification pour le président Barrow. Une source au palais confie que même si la confiance règne, les chances de gagner du président sont 50/50.

Elu par une coalition de l’opposition et désigné par concours de circonstances, Barrow a eu du mal à s’affirmer au début de son mandat. Il lui a fallu se séparer de son mentor politique, Ousseynou Darboe pour voler de ses propres ailes. Depuis lors, il a lancé son propre parti, le National People’s Party et fédère autour de lui plusieurs figures de l’arène politique gambienne. Récemment, le président a poussé loin l’outrecuidance en n’hésitant pas à nouer une alliance avec le parti de Jammeh, s’attirant les foudres de l’opinion et de la société civile. Mais finalement Yahya Jammeh a rejeté le fameux protocole d’accord avec son successeur et une partie de ce qui reste de son parti a rejoint un autre candidat de l’opposition.

Redoutables adversaires
Le bilan de Barrow ne plaide pas trop en sa faveur. Economiquement, le pays peine à sortir du marasme hérité de la fin de règne de Jammeh. Et la pandémie n’a pas contribué à améliorer les choses pour un pays dont plus de 20 % du PIB provient du tourisme. Dans le chantier des réformes où il était le plus attendu, il aura un bilan également pour le moins terne. La réforme constitutionnelle et de l’armée a été un flop. Les recommandations de la Commission de réconciliation tant attendues par les victimes se font toujours désirer.

Le pays s’achemine vers un scrutin à majorité simple qui pourrait jouer en sa faveur même si le président sortant fait face à des adversaires redoutables comme Ousseynou Darboe plus populaire que jamais et qui pourrait lui donner du fil à retordre.

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