BASSIROU FAYE : « NOUS PEINONS À VOIR LES SÉNÉGALAIS PARMI LES ACTEURS ÉCONOMIQUES »

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ECONOMIE

Les défis qui attendent le prochain président de la République du Sénégal, au lendemain du 24 février 2019, sont immenses à en croire le directeur général de la société Talents Consulting. Qu’il soit Macky Sall ou quelqu’un d’autre, pour Bassirou Faye, l’urgence se pose aujourd’hui de remettre les acteurs économiques locaux au coeur d’un jeu presque dominé par les étrangers.

"Un pays, pour se développer, a besoin d’une certaine maitrise de son patrimoine par les forces locales. Aujourd’hui, ce qu’on constate, c’est que, effectivement, on sent des investissements, une certaine émergence naître, mais nous peinons à voir les Sénégalais parmi les acteurs économiques", regrette ce spécialiste en gestion de projet, passé par la Société Générale de Banques, en France, avant de rentrer au bercail, pour mettre en place sa société en 2013.

"Quand on circule aujourd’hui dans le Plateau, les principales activités économiques que l’on veut, ce sont - d’accord - des gens qui se sont naturalisés sénégalais, mais j’aurais bien aimé que le Sénégalais - pur -, quelque part, puisse contribuer de façon beaucoup plus effective à l’émergence de ce pays", argumente-t-il non sans estimer que "ça va passer forcément par un soutien aussi bien politique que financier". Sauf que, à ses yeux, "le système financier n’est pas très à l’avantage de la population sénégalaise".

Toutefois, pour inverser la tendance, il ne faudrait pas s’y prendre brutalement. "Nous avons quand même une certaine dépense économique et couper le cordon ombilical si brutalement serait un grand risque pour le pays". Dès lors, Monsieur Faye conseille fortement d’y "aller de façon progressive, notamment à travers certaines politiques qui tendent à aider les PME qu’il faudrait renforcer et le lancement de grands travaux par l’Etat qui doit se retirer après pour intégrer la population sénégalaise au sein des capitaux", plaide le patron de Talents Consulting dans le cadre d’un séminaire dédié aux entreprises et axé sur la performance et qui se déroulait à Saly Portudal les 17 et 18 janvier.

Le choix de Diamniadio comme ville du future a fait aussi réagir Bassirou Faye. Selon lui, c’est une belle initiative, mais s’il pense qu’il faudrait, "dans les années à venir, essayer de penser aux autres régions" avant d’ajouer que "des zones, comme ça, devraient exister quelque part à côté de Thiès et Diourbel, par exemple, qui est ma ville natale et que je considère comme oubliée depuis plusieurs années puisqu’il n’y a pratiquement plus d’activités économiques". La Casamance et Saint-Louis pourraient également être ciblés dans cette ambition présidentielle de décongestionner Dakar, de l’avis de l’expert.

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