BERNARD CASIMIR CISSÉ : « IL N’Y A PAS DE POSSIBILITÉ DE PARRAINAGES AUX LOCALES »

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DIRECTION DES ÉLECTIONS

« Il n’y a pas de possibilité de contrôle de parrainages pour les locales parce que cela n’existe pas dans le code électoral ». La précision est faite par le Directeur de la communication et de la formation à la Direction générale des élections (DGE), Bernard Casimir Cissé, lors de la séance de présentation du recueil de contributions citoyennes produit par la société civile, aujourd’hui mercredi, 21 août 2019, à la résidence Mamoune.

« L57 est une disposition commune à toutes les élections mais (pour) les modalités, il faut aller modifier les dispositions relatives aux élections des conseillers municipaux et départementaux », recommande-t-il. Avant de convoquer les acteurs autour de la table des discussions : « Parce que, si nous voulons aller aux élections locales, il nous faudra nous asseoir pour discuter ensemble des modalités parce qu’il faudra les définir en tirant les leçons qui sont de très bonnes leçons vécues au niveau du Conseil constitutionnel pour la présidentielle. Si nous n’acceptons pas de discuter de cela, si nous ne disons pas que c’est nous qui devons définir les modalités consensuelles pour que le parrainage soit un bond en avant pour notre démocratie, on va revivre la même chose. Pour ça, il faudra que l’on arrête de se regarder en chiens de faïence. »

La société civile, qui recommande le maintien du parrainage, souligne toutefois la nécessité de « réformer son cadre juridique et fonctionnel ». Parce qu’en l’état, il n’est pas applicable. « C’est qu’en réalité, expose Pr Ngouda Mboup, le parrainage n’est pas, en soi, mauvais parce que ça permet de donner une certaine dignité au scrutin. Maintenant, il faut faire de telle sorte que ce filtrage ne devienne pas un bouchon, en élargissant la possibilité pour les candidats à la candidature de briguer le suffrage des Sénégalais. Déjà, ça pose problème dans le dispositif de contrôle. Parce que, le contrôle il est très fastidieux. Et pour les élections locales, ce serait très compliqué d’avoir le système actuel. Donc forcément, il faudrait le réformer. C’est pourquoi on a proposé des réformes allant dans le sens de transférer le contrôle à la Commission électorale nationale autonome (CENA), en renforçant ses prérogatives ou encore permettre la création d’une commission nationale de vérification et de contrôle des parrainages, permettant de valider en amont (les signatures) afin de desserrer le système, qui est très lourd. Aujourd’hui, dans le dossier de candidature concerné, le parrainage est devenu le majeur, et tout le reste, le mineur. Ce qui veut dire que vous pouvez être éliminé avant la lettre. Ce qui signifie qu’en réalité, il y a une sorte de discrimination entre les candidats (à laquelle) il faudrait remédier. »

Avant de poursuivre : « Les données sont très simples. Ce sont les mêmes qu’à l’élection présidentielle. Sauf qu’ici (élections locales) ce sont les taux qui changent. On parraine au niveau des communes. Dans ce cas de figure, le taux qui est demandé n’est pas le même qu’aux élections législatives ou (au scrutin) présidentiel. C’est entre 0,5% et 1,5 % des électeurs dans le fichier de la commune. Donc, vous voyez que le taux est très faible. Sur une commune de 10 mille habitants, vous pouvez avoir 100 parrains et être candidat. Cela veut dire que tout simplement en une journée vous pouvez (recueillir) ça. Il faudrait agir sur ce taux-là. »

Catégorique, Pr Amsatou Sow Sidibé du pôle des non-alignés, rejette la thèse selon laquelle le parrainage « est une nécessité », évoquant une véritable « catastrophe ». « J’ai peur du parrainage », conteste également Woré Sarr, représentante du Parti démocratique sénégalais (PDS) à la séance, en compagnie de Doudou Wade.

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