BERNARD CASIMIR CISSÉ : « LE TAUX DE PARTICIPATION SERA UN INDICATEUR DE LA CONFIANCE DES POPULATIONS »

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PRÉSIDENTIELLE 2019

Dans un entretien accordé à emedia.sn et Iradio (90.3), le directeur de la formation et de la communication à la Direction des élections du ministère de l’Intérieur explique les mesures prises pour un bon déroulement du scrutin présidentiel. Bernard Casimir Cissé dément aussi les accusations de l’opposition selon lesquelles les fichiers électroniques reçus ne sont pas conformes aux fichiers papiers.

Nous sommes à quelques heures de l’élection présidentielle. Est-ce que tout est fin pour une bonne organisation du scrutin ?

La Direction générale des élections est prête depuis le 9 février, date à laquelle elle avait terminé de procéder à la mise en place du matériel électoral, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. La mise en place de ce matériel avait commencé depuis le 13 décembre avec le matériel lourd. Et nous avons terminé le 9 février. Ce qui reste, c’est que les autorités administratives notamment les préfets et les sous-préfets, reçoivent le matériel et le sécurise. Et durant le week-end, ils remettront le matériel aux forces de sécurité pour que la mise en place au niveau des centres de vote puisse se faire de sorte que le dimanche à 8 heures nous pussions démarrer le scrutin dans la sérénité.

Le nombre d’inscrits a augmenté pour cette élection présidentielle. Egalement, la carte électorale a évolué. Quelles sont les nouveautés ?

Il faut d’abord remarquer que c’est normal que la carte électorale change parce que le nombre d’électeurs a augmenté. Notre système électoral veut qu’avant chaque élection, qu’on ouvre les listes pour permettre aux citoyens sénégalais qui le désirent de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales, que ceux qui le désirent également puissent modifier leur adresse électorale. Pour ceux qui veulent s’inscrire, il s’agit notamment de jeunes devant avoir 18 ans à la date du scrutin. La loi leur permet de s’inscrire.

La nouveauté c’est que, effectivement, vous pouvez avoir dans un centre de vote plus de bureau qu’on en avait auparavant. C’est l’exemple à Mbacké de l’école Mame Cheikh Anta Mbacké où effectivement, il y avait 12 bureaux de vote lors de la dernière élection mais que, aujourd’hui, sur la carte électorale, vous verrez qu’il y a bien 13 bureaux de vote. Parce que dans ce centre, il y a eu plus d’électeurs qui se sont inscrits. Et à chaque fois que nous avons 600 personnes dans un bureau de vote, il faudra créer un autre bureau pour le surplus. Une autre conséquence, c’est que des lieux de vote ont été créés. Il y a eu 28 départements concernés et le ministre de l’Intérieur a porté cela à l’opinion nationale depuis le 28 novembre pour informer que la carte électorale va subir des modifications à l’intérieur du pays comme à l’extérieur.

A l’intérieur du pays, dans les 28 départements, il y a eu des lieux de vote et la concentration la plus grande c’est au niveau de Touba où il y a eu 8 nouveaux lieux de vote qui ont été créés pour désengorger le centre principal de Touba mosquée. A l’extérieur, si vous prenez le cas de la France, cette carte électorale a subi des modifications. En France, ils ne votaient que dans un seul centre de vote avec près de 70 bureaux de vote. Il y a 6 autres créations

Quelles sont les mesures que vous avez prises pour informer les personnes impactées ?

Les mesures, au niveau national, en plus d’en avoir fait la communication, le ministre de l’Intérieur avait instruit tous les préfets et sous-préfets en leur demandant de tenir le comité électoral qui est la rencontre autour de l’autorité administrative et tous les acteurs qui sont impliqués dans le processus électoral. Les commissions de distribution, c’est une commission par commune. A Touba, le sous-préfet en a créé 22 et chaque mardi, il a tenu la réunion du comité électoral et il a mis à contribution tout le monde. Et la dernière prise au niveau national, c’est que les personnes impactées ont reçu un SMS leur disant qu’elles sont concernées par la modification de la carte et, si elles n’avaient pas encore retiré leur carte, elles pouvaient allaient le faire au niveau des commissions de distribution.

Est-ce à dire que Touba est un cas ?

Je ne vous parle pas seulement du cas de Touba. Je vous dis qu’il y a 28 départements qui ont été concernés. Ce qui importe, c’est que le droit et le devoir du citoyen puissent être respectés. Il y a Touba mas il y a également d’autres départements qui sont concernés par cette mesure.

Des incidents ont été notés à Touba, lors des dernières élections législatives.
Quelles sont les mesures que vous avez prises pour éviter que de telles situations ne se reproduisent

En plus d’avoir mis en place le matériel électoral très tôt à la disposition des autorités administratives, ce qui a été fait c’est que les abris provisoires, qui sont des tentes mises en place pour un jour, ont été améliorés. La capacité est élargie pour permette aux citoyens d’aller voter.


Depuis le début l’opposition sénégalaise accuse les organisateurs de l’élection présidentielle. Ils ont d’ailleurs, récemment, fait une conférence de presse, pour dire que le fichier électronique qu’ils ont reçu n’est pas conforme avec le fichier papier. Que répondez-vous ?

Nous leur avons remis ce fichier depuis le 2 février. La dernière personne qui a reçu le fichier c’était le 5 février. C’est la première fois que nous entendons cela. On leur a remis et le support électronique et le fichier en support papier. S’ils ont des remarques, je pense qu’ils peuvent aller à la télé, sortir tout et montrer cela à l’opinion publique parce que c’est un devoir d’informations aussi. Ce que nous leur avons remis, c’était en toute transparence. Quand ils l’ont pris chez nous, personne ne nous a fait la remarque. Nous ne savons pas d’où est ce qu’est venu la corruption de ce fichier. En tout cas, ce qu’on leur a donné a été ouvert devant eux pour qu’ils vérifient. D’autres accusations, d’ici au jour du scrutin, on en entendra. Ils ont récusé jusqu’au ministère de l’intérieur à la commission de recasement des votes. Ceux-là qui sont dans l’opposition et qui connaissent le code électoral doivent rire sous cap. Ce, parce que la personne qui a brandi cela nous lui disons simplement qu’elle défonce des portes ouvertes. Et nous lui disons d’aller lire l’article LO138 du Code électoral, s’il l’a. S’il ne l’a pas, nous sommes disposés, à lui offrir le code.

L’opposition persiste et signe qu’il a un deuxième voire un troisième fichier. Quelles sont les assurances que vous donnez aux électeurs ?

Depuis quatre mois, les gens font les mêmes accusations. Je pense qu’il est temps qu’ils vous disent quels sont les fondements de leurs accusations. Il ne nous appartient pas à nous de démentir quoi que ce soit. Il est temps qu’ils disent à l’opinion publique quelles sont les preuves de leurs allégations. C’est pour le bien de l’opinion publique. Dès l’instant qu’ils ont des éléments de preuve, il est temps qu’ils donnent la bonne information aux populations. Nous autres de l’administration, nous avons besoin de cette information et nous les prions de les mettre sur la table parce que, certainement, nous avons peut-être failli quelque part.

Mais est-ce qu’avec ce contrat de confiance qui est rompu, est-il possible pour la direction d’assurer une bonne organisation de l’élection avec, à la clé, des résultants qui seront incontestables ?

Je vous donne rendez-vous au soir du 24 février prochain. Le taux de participation sera un indicateur du véritable contrat de confiance qu’il y a entre la population sénégalaise et son administration. Nous sommes des serviteurs du peuple. Nous sommes convaincus que nous travaillons pour ce peuple sénégalais. Le 24 février, le taux de participation sera une réponse à cette affirmation selon laquelle le contrat de confiance est rompu. Le peuple jugera.
Quel est le dispositif sécuritaire pris pour un bon déroulement du vote ?
La sécurité sera assurée. Comme par le passé, la sécurisation de l’ensemble des bureaux de vote. Les forces de sécurité ont commencé à déployer leurs éléments depuis vendredi dernier au niveau des capitales départementales et régionales mais également en campagne. Les forces de défense et de sécurité notamment la police, la gendarmerie et l’armée seront mises à contribution. Cela s’est toujours passé comme ça. Mais leur but premier sera, d’une part, de veiller à ce que tous les citoyens puissent voter dans la plus grande régularité mais également dans la plus grande tranquillité. Elles veilleront à la préservation des personnes et des biens. Le matériel électoral qu’on a en place c’est l’argent public qu’il importera de sauvegarder parce que nous devrons récupérer ce qui peut encore être réutilisable.

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