BFEM À 72 ANS : IBRAHIMA AMADOU SY VISE LE BAC

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SOCIETE

Après avoir décroché son diplôme de Brevet de fin d’études moyennes (BFEM), au centre d’examen de Kothiary (Est du Sénégal) dans le département de Goudiry (région de Tambacounda), à l’âge de 72 ans, Ibrahima Amadou SY veut le BAC. C’est l’objectif qu’il s’est fixé pour l’année prochaine. Pour ce faire, il demande « une dérogation » pour pouvoir postuler, dans un entretien avec L’Obs.

Déjà, il ne cache pas sa joie d’avoir décroché le BFEM. « Cela n’a pas été facile, j’ai travaillé dur pour y arriver. Enfin ! Je l’ai eu ! J’ai toujours admiré les élèves qui préparent le BFEM ou le Bac », exulte-t-il. Un résultat fruit d’un dur labeur du vieil élève décrit comme un potache « assidu, méthodique, ordonné et sérieux » par Amadou Kadia, le coordonnateur de ’’Yeteeré Allah’’, établissement d’enseignement privé. « La réussite du vieux Ibrahima Amadou ne nous a pas surpris. Il est un bon collaborateur ordonné. Il venait suivre les cours à l’école. Il a toujours un livre par devers lui », confie-t-il au journal.

Reconnaissant, SY remercie le corps professoral pour leur soutien : « Amadou Kadia et les autres professeurs m’ont accueilli à bras ouverts. Ils ne se sont pas attardés sur mon âge et n’ont ménagé aucun effort pour me faciliter les apprentissages ».

De retour d’exil après 3 ans en France, le vieil candidat a réussi après plusieurs échecs. Son dossier est rejeté en 2017. En 2019, sa quatrième tentative sera la bonne. « En salle, les autres candidats, qui peuvent être mes petits-fils, étaient surpris. Et ébahis de me voir. Mais, ils ne m’ont jamais raillé. Bien au contraire, ils m’ont le respect qui sied aux personnes de mon âge. Ils étaient à la limite déférents ».

Divorcé et père d’une fille mariée, ne vivrait que de sa pension de la France de 10 mille F CFA. Jeune adolescent, SY avait tenté l’aventure et s’était dégoté un boulot de pointeur à l’usine Renault. Malade, il prit le chemin du retour, 3 ans plus tard. « C’est comme si on m’avait jeté un sort. C’est qu’après d’intenses soins à Sadatou, mon village natal, que j’ai pu reprendre mes activités ». Avec une farouche volonté de décrocher le BFEM.

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