BILAN FINANCIER DE MACKY : « IL Y A UNE FAIBLESSE EN MATIÈRE DE TRANSPARENCE ET DE DISTRIBUTION DES COMPTES »

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JURY DU DIMANCHE

Invité de l’émission « Jury du Dimanche » sur Iradio (90.3), le professeur Abdou Aziz Kébé, spécialiste des finances publiques est revenu sur le bilan financier du président de la République Macky Sall. Selon lui, c’est bilan mitigé qui valse entre progrès et régressions. En d’autres termes, il indique qu’il y a des actes positifs et négatifs dans le bilan financier du régime en place. Les progrès, explique-t-il, sont au niveau des indicateurs macroéconomiques et budgétaires. « Le progrès, c’est le déficit budgétaire qui a connu une baisse considérable estimée, aujourd’hui, autour de 3%. Cela est très bien parce que c’est un indicateur de bonne gestion des finances publiques. Le progrès, c’est également la maitrise de l’inflation. Car, en 2000, on était à 78 % d’endettement. Aujourd’hui, la dette tourne autour de 47% », a fait savoir le professeur de droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Qui, dans le même sillage, rappelle les réformes très importantes qui ont été prises par gouvernement. Il s’agit, entre autres, de la création de l’OFNAC, de l’intégration du Sénégal au sein de l’ITIE. Pour lui, le Sénégal est en réforme et, en 2020, on va basculer vers ce qu’on appelle le budget programme. « Toutes les directives, pour l’essentiel, ont été transportées dans notre ordre juridique interne. Le référendum de 2016 a été un moment fort aussi de gestion des finances publiques parce que des innovations en matière de gestion ont été introduites, soutient-il.

S’agissant des régressions, il signale que c’est la distribution dans les politiques budgétaires. A son avis, il faut de l’équité en terme de dépenses. Egalement, il estime qu’on devrait réduire les dépenses de fonctionnement au profit de l’investissement. Ce, dit-il, même l’investissement tourne autour de 1300 milliards FCFA. « Il faut une meilleure redistribution des richesses en termes de dépenses, il faut également mobiliser davantage les ressources », a regretté l’invité de Mamoudou Ibra Kane. De même, le spécialiste des finances publiques fait remarquer qu’il y a une faiblesse, des limites en matière de transparence et de distribution des comptes. Etayant ses propos, il évoque, en guise d’exemple, la déclaration de patrimoine. Le rapport de l’OFNAC, révèle-t-il, montre que sur 800 assujettis, c’est la moitié qui déclare. Il s’y ajoute les rapports qui ne sont pas encore publiés. Poursuivant, il indique que la Cour des comptes est en retard dans la publication des rapports d’autant que depuis 2014, il y a des rapports qui ne sont pas publiés. Par ailleurs, le professeur Abdou Aziz Kébé s’oppose à la suppression des fonds politiques. Il demande que ces fonds soient plutôt rationnalisés. Interpellé sur le débat sur le troisième mandat du président de la République, il a laissé entendre que Macky Sall est à son dernier mandat. « C’est impossible pour Macky Sall de faire un troisième mandat. La constitution est très claire là-dessus », soutient-il.

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