BINETA DIAKHOUMPA INHUMÉ APRÈS AUTOPSIE, LE COLLECTIF DES IMPACTÉS ENRAGE

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EFFONDREMENT D’UN MUR À HANN

Bineta Diakhoumpa a été inhumée ce mardi, 24 septembre, à 17 heures. Après l’autopsie, le corps est arrivé vers 16 heures au cimetière musulman de Hann ou Yarakh. Grièvement blessée dans l’affaissement du mur d’une usine, la victime, qui avait une Licence en Anglais, a rendu l’âme hier lundi, 23 septembre, à l’hôpital. Laissant derrière elle la tristesse et l’émoi chez toute une population.

La victime est décrite comme « une petite sœur très courtoise, très polie et très
posée », par Ahmed Dia, le coordonnateur du collectif des impactés. Qui enrage : « Le mur s’est effondré sur son bassin ». Le jeune homme, narrant le film de l’accident, raconte que « c’est une catastrophe qui s’est passée la nuit du jeudi, 12 septembre, suite à des pluies accompagnées de vents violents, qui ont emporté un mur long de 15 mètres. Lequel s’est effondré sur des maisons jonchant l’usine. Ici, c’est un quartier populaire, vous pouvez trouver dans chaque maison plusieurs familles. Je ne peux pas vous dire le nombre de familles mais c’est cinq maisons qui ont été dévastées. Parmi les victimes, il y a deux sœurs de la jeune femme décédée. Awa, l’une des jumelles, a le pied cassé. On dénombre entre quinze et dix-neuf blessés. »

« La chose la plus choquante depuis le 12, est que le propriétaire de la Compagnie commerciale et industrielle du Sénégal (CCIS) n’a jamais mis les pieds ici pour voir les familles. C’est ce qui nous fait plus mal. Certes, il a pris les blessés en charge mais ça n’a rien d’extraordinaire. C’est le minimum qu’il devait faire. On attendait qu’il vienne vers les impactés pour leur demander pardon. C’est après le décès de Bineta qu’on a vu le Secrétaire de l’usine, Maram Amal. Avant cela, il nous avait mis en rapport avec son DTN, un gars très incorrect, qui n’a pu traiter avec nous. »

Il bat en brèche les rumeurs selon lesquelles le propriétaire risquait d’être lynché : « D’aucuns étiquètent les gens des quartiers populaires comme des gens violents. Ici, les gens sont calmes. Mais, cela ne nous empêche pas de réclamer justice. » Après constat fait par huissier commis par le collectif, la procédure suit son cours, indique-t-il : « On attend le rapport final pour qu’on puisse avancer.

Nous allons saisir toutes les opportunités que la loi nous offre pour que justice soit faite. Ne serait-ce que pour la mémoire de notre défunte sœur ».
En attendant, quatre des cinq familles impactées dont une dizaine d’enfants logent dans une ex-école, (sans eau, elles s’approvisionnent au parc de Hann), qui leur a été prêtée pour trois mois. Touchées par des pierres, deux fillettes présentent des blessures. L’une a un pansement sur la tête et l’autre, la main droite plâtrée.

Bien que jouant tranquillement dans la cour de l’école, elle garde les séquelles de l’accident. « Dès qu’elles entendent du bruit, elles s’affolent », confie leur mère, Mame Diarra. Qui réclame au propriétaire de la CCIS la reconstruction des maisons dévastées. « Qu’il reconstruise avant le délai des trois mois qui nous est imparti parce que tout le monde sait qu’il est très difficile de trouver un logement. C’est tout ce que nous voulons. »

Hormis l’appui du maire de Hann, Babacar Mbengue, le coordonnateur du collectif des impactés salue la « solidarité » des gens de Hann. « Depuis que la chose s’est produite, le jour-même, ils ont manifesté ce que beaucoup de quartiers nous envient, la cohésion sociale, et la concorde. Ils n’ont ménagé aucun effort pour soutenir les familles sinistrées ».

Rappeler que le Préfet de Dakar, Alioune Badara Samb, en compagnie des services compétents dont les sapeurs-pompiers, était sur place après le drame.
La Compagnie Commerciale et Industrielle (CCIS) est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de tuyaux en PVC et en PE pour l’irrigation, l’assainissement l’adduction en eau potable et les télécommunications.

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