BONJOUR TRISTESSE

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LA CHRONIQUE D’ASSANE GUEYE

La bienveillance interdit de juger. Qui sommes-nous d’ailleurs pour avoir cette prétention ?Nous ne sommes personne. Chaque mot est un préjugé. Mais en ces temps brouillons, tout se voit, tout se perçoit même les yeux fermés. Ci-gît la morale. Elle s’est effritée. L’intérêt général aussi. Il est mort. Les humains sans humanité prennent le dessus. Agissent et n’avancent plus masqués. Ça ne ripoline plus.Le délitement global nous rend tous plus laids. Le glauque, le gluant, le grotesque, le graveleux : les 4G en somme, ont probablement un effet grossissant. Mais ce qui est ennuyeux avec la vérité, c’est qu’elle est vraie. L’étalage de scandales, la transhumance banalisée avec les retournements de vestes et de flanelle qui s’y rattachent, l’esbroufe, la médiocrité, le recul de l’autorité de l’Etat, la célébration du veau d’or signent la fin de la bonhomie dans notre pays. Installent un sentiment de honte permanente. La débandade est imminente. Les rives du Rubicon sont atteintes comme Jules César en 49 avant jesus christ. L’hubris ou la démesure font résider à Canossa comme le roi de Germainie Henri 4 en 1077. Une catastrophe globale découle toujours de catastrophes individuelles. En matière de rectitude morale, le Sénégal est en voie de relégation. On y a réduit la voilure. D’autant plus qu’on avait la certitude d’incidents diplomatiques avec les passeports à accès universel pour familles recomposées et remaniées. Pour ça, sous nos tropiques, il suffit d’un claquement de doigts. Ces dossiers putrides ne sont qu’une gouttelette en face des inepties en cours. Pas le temps d’en égrener le chapelet. Juste finir en mettant moins d’aigreur. Pour marteler que notre épiphanie, le choc salvateur, l’électrochoc également, ce seront inéluctablement la création destructrice, le surcroît d’émerveillement en arrosant le désert culturel mais en plus en faisant tourner à plein régime le tourniquet de musc, le parfum de la grande cause de l’éducation nationale. Car en négligeant l’école qui recommence sous peu, on laisse grandement ouverts les portails des prisons.

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