BOUTEFLIKA : PARCOURS D’UN DINOSAURE

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ALGÉRIE

La décision d’Abdelaziz Bouteflika de renoncer à briguer un cinquième mandat présidentiel met un terme à près d’une vingtaine d’années de règne d’un dinosaure présent sur la scène politique algérienne depuis 1956 et dans les sphères de décision depuis 1962. Né à Oujda, en 1937, le futur ex président d’Algérie a intégré le service militaire, en rejoignant les rangs de l’Armée de libération nationale pendant la guerre d’Algérie. C’est le début d’un engagement politique. Le Front de libération nationale (FLN), mouvement qui a mené la bataille de la révolution algérienne qui déboucha, après les accords d’Evian du 18 mars 1962, sur l’indépendance du pays. Abdelaziz Bouteflika devient, la même année, député, puis ministre. Dans le gouvernement pendant près d’une vingtaine d’années, respectivement aux départements de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme, puis des Affaires étrangères, il participe durant cette période, en 1965, au coup d’Etat qui renversa le régime d’Ahmed Ben Bella pour installer Houari Boumédiène.

La première descente aux enfers commence en 1981, quand Bouteflika est accusé d’extorsion de fonds et contraint à l’exil pendant six années. Il se refait une santé et un réseau pour revenir plus fort, à la conquête du pouvoir en 1999. En qualité de candidat indépendant, il réussit la prouesse de passer au premier tour avec un score de 73,8% des suffrages. Son pire score. Car, une fois solidement installé au cœur de l’appareil d’Etat, il assoie son influence pour s’offrir trois mandats supplémentaires a la faveur de réélections avec des scores soviétiques : 85% en 2004, 90,2% en 2009 et 81,5% en 2014.

Malade et très mal en point après être victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013, à la veille de sa dernière réélection, il termine son mandat sur les rotules. Et l’aura passé davantage sur une chaise roulante, hors de son pays, que sur le fauteuil présidentiel. Dans ces conditions, demander un cinquième mandat aura été la requête de trop pour un peuple qui lui a fait beaucoup de concessions, mais a su dire stop, l’obligeant à renoncer par une série de manifestations pacifiques mais fermes, tout en lui permettant de s’offrir une porte de sortie par un léger report des élections. Clap de fin, à 82 ans, pour l’un des présidents africains les plus âgés en exercice.

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