image

« C’EST UN PROBLÈME D’EXÉCUTION ET D’ÉVALUATION DES POLITIQUES » (NGOUDA MBOUP)

image

129 mm de pluies reçus vendredi après-midi, 5 août, ont immobilisé la capitale sénégalaise, faisant un mort, coupant des routes et causant de nombreux désagréments dont des embouteillages monstres.
Invité du Jury du dimanche (JDD) ce 7 août, l’Enseignant-chercheur et Assistant de droit public à la Faculté des Sciences juridiques et politiques (FSJP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a révélé « avoir subi » ces désagréments : « ça m’a trouvé à l’université. J’ai été obligé de rentrer à pied jusqu’à hauteur de la VDN pour regagner nos maisons. Il y avait des bouchons qui ont pris le dessus sur nos activités et sur la ville. »

« Contrôle parlementaire au-delà des missions d’informations »
D’où sa suggestion : « il est temps que l’on puisse quand même faire les assises de l’environnement, de notre cadre et de notre qualité de vie parce que cela englobe tout ». Le membre du comité scientifique d’Africajom center d’ajouter que les assises « seraient bienvenues » dans la mesure où « notre processus de décentralisation connait ses limites : les collectivités territoriales, on leur a transféré des compétences qui sont très lourdes (alors qu’elles n’ont pas assez de moyens pour faire face. »

Avant, il a rappelé que « ces questions ont été prises à bras le corps par le président de la République, à travers un référendum, sur quinze points où on avait parlé quand même du droit - un environnement sain qui était déjà dans le préambule de la Constitution. » D’ailleurs, « dans un plan décennal, il (le Président) avait donné des orientations pour pouvoir régler définitivement la question. Parce qu’il y a deux choses, pour les inondations au Sénégal, on a supprimé l’une des institutions phares de la République, le Sénat, juste pour faire des économies par rapport à l’exposé des motifs pour pouvoir faire face aux inondations. La deuxième chose, c’est que le premier gouvernement du Président Macky Sall, avec le Premier ministre, Abdoul Mbaye, il avait fait une tournée assez importante… » Il relève que « là où le bât blesse », au moment où des quartiers sont sortis des eaux, d’autres sont « régulièrement inondés ».

« Cela signifie qu’en réalité, nous faisons un pas en avant et deux pas en arrière. Est-ce que cette politique est coordonnée ? »
Poursuivant, il a insisté sur un autre point : « c’est que le gouvernement n’est pas évalué. Parce que s’il (le gouvernement) était bien évalué par rapport à ses performances, il pourrait l’être aussi par rapport à ces contre-performances. L’évaluation des politiques publiques aussi, c’est l’un des points quand même du référendum pour pouvoir permettre au Parlement de renouveler le contrôle parlementaire ».

Il explique que le contrôle-évaluation se décline en « un contrôle-résultat », tout en déplorant qu’il n’y ait « jamais eu de rapport portant sur l’évaluation des politiques publiques », un « des grands principes » de la gouvernance moderne.

Par ailleurs, a-t-il souligné, « au-delà de donner la parole aux experts, nous avons beaucoup d’universitaires en matière d’Urbanisme, d’Aménagement du territoire. Et surtout, dans les facultés, il y a tellement de thèses, de travaux sur ces questions-là (mais) on ne les consulte pas ».

Une mission d’information parlementaire effectuée, sur demande du président Macky Sall, du 15 septembre au 31 octobre 2020 a conclu que le Plan Décennal de Lutte contre les Inondations (PDLI) avait été exécuté à hauteur de 511 milliards FCFA, soit 66,65%.

Die BA
Abdoulaye SYLLA (photo)

7 août 2022


------------------------------------

Vous pouvez réagir à cet article