"CAUSE 50% DES ADMISSIONS EN URGENCE ET 19% D’INCARCERATION DES FEMMES", SELON ’’WUYU WALLU’’

news-details
Avortement clandestin

Au Sénégal, d’après les statistiques fournies par le Comité de plaidoyer pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste, les avortements à risques représentent la cinquième cause de décès maternels et 50% des admissions en urgence dans les maternités de référence. Par ailleurs, avec l’infanticide, toujours au Sénégal, l’avortement clandestin constitue 19% des causes d’incarcération des femmes.

D’où la campagne de communication dénommée "Wuyu Wallu", ayant pour slogan « l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste sauve des vies, parlons-en ! ».

"Cette campagne de communication « Wuyu Wallu » est portée par le comité de plaidoyer (Task Force) qui regroupe une vingtaine d’organisations de la Société civile. Ce comité, pluridisciplinaire est composé de juristes, médecins, sages- femmes, infirmiers, journalistes, religieux. Il est chargé de mener des stratégies visant à informer les décideurs et le public sur la problématique de l’avortement à risque pour parvenir au changement social et légal en faveur de la réforme de la loi sur l’avortement", lit-on dans la note de presse du comité en question.

"Cette campagne, tout en mettant l’accent sur le fait qu’il ne s’agit nullement de légaliser l’avortement, prévu par l’article 305 du code pénal, cette disposition restant applicable, souhaiterait susciter un débat public sur les raisons qui l’amènent à demander l’autorisation de l’avortement médicalisé, dans les conditions prévues par l’article 14 du Protocole de Maputo, ratifié en 2004 sans réserve par le Sénégal.

Il s’agit de sauver des vies en évitant les avortements clandestins et les infanticides. L’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste, pour sauver des vies ; est son objectif prioritaire. Rien d’autre n’est demandé", ajoute le document.

D’autant plus qu’insiste le comité, dans son plaidoyer, "une attention particulière doit être apportée à ces jeunes filles et femmes victimes de viol et d’inceste. Le débat doit être posé devant l’opinion publique. Ces drames n’arrivent pas qu’aux autres ! Il est important, de permettre aux populations de mieux comprendre l’ampleur de ces fléaux sociaux que sont les violences sexuelles en leur fournissant des informations complètes sur ces faits et en leur démontrant par des sources fiables leurs impacts négatifs sur la vie des victimes. Tous les jours, les médias relatent des actes odieux de violences sexuelles commises au Sénégal.

Une communication et une sensibilisation des populations par des arguments objectifs tirés des faits et de notre religion permettrait de susciter un élan de solidarité et un mouvement de soutien envers les victimes, de bâtir un plaidoyer en vue du changement de notre législation interne pour l’harmoniser avec l’instrument régional ratifié par le Sénégal.

Le but poursuivi est de mettre fin à l’avortement clandestin, à l’abandon de nouveaux nés, à l’infanticide, au calvaire des femmes et des jeunes filles portant une grossesse non désirée, suite à un viol ou à un inceste, plus particulièrement lorsqu’elles ne peuvent ni ne souhaitent la garder. Il devient urgent de sortir ces femmes et jeunes filles de ce triangle de feu : prison, cimetière ou handicaps à vie. Cela est possible."

Pour ce faire, plaide les demandeurs, "il suffit d’ajouter à l’article 305 du Code pénal qui interdit l’avortement, un alinéa autorisant l’avortement dans les conditions prévues par l’art 14 du Protocole de Maputo."

En conclusion, la Taskforce, après les "nombreuses activités de sensibilisation, d’enquêtes, de plaidoyers, de communication, de sondages menées dans différentes régions du Sénégal", se veut très claire : "les résultats sont encourageants. Elle ne saurait faire marche arrière et continuera de façon inlassable et déterminée à œuvrer pour l’atteinte de son objectif, à savoir, sauver des vies".

En face, l’ONG islamique Jamra et ses alliés ont lancé la croisade contre ce qu’ils qualifient d’une "forme d’infanticide". Face à la presse jeudi dernier, Mame Mactar Gueye et Cie ont suggéré à l’État du Sénégal, de mettre en place un Comité national d’éthique sur les Sciences de la vie et de la Santé. Lequel devrait regrouper des religieux, des juristes, et des scientifiques, pour discuter afin de trouver une solution à ce problème.

Vous pouvez réagir à cet article