CDT MALICK TALL, EXPERT AÉRONAUTIQUE : « SANS UNE COMPAGNIE AÉRIENNE FORTE, PAS D’ÉMERGENCE »

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JURY DU DIMANCHE

Invité de l’émission « Jury du dimanche » sur iRadio (90.3 FM), le commandant Malick Tall, ancien chef pilote à Air Afrique a déclaré que l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD) n’est pas encore devenu un hub. « C’est un aéroport ordinaire. Être un hub, c’est drainer un maximum de passagers vers cet aéroport et les éclater vers d’autres aéroports. Pour qu’un aéroport soit un hub, il faut une des compagnies qui desservent cet aéroport ait au moyen 14 atterrissages et 14 départs. Et, aujourd’hui, on en est loin parce qu’aucune autre compagnie que celle nationale ne pourrait faire cela. Le Sénégal ne pourra pas accéder à l’émergence sans une compagnie nationale forte et pérenne. Le Sénégal ne pourra pas faite de l’aéroport internat un hub régional sans une compagnie forte », a-t-il expliqué.

Poursuivant, l’invité de Mamadou Ibra Kane a fait savoir qu’il avait beaucoup d’espoir pour Air Sénégal SA. Ce, parce qu’il avait senti un engagement très fort du président de la République Macky Sall. « Pour la première fois dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest, on dotait une compagnie nationale africaine d’un capital de 40 milliards de francs CFA.

Mais entre ce qu’on prévoyait et ce qui existe, il y a une marge », regrette-t-il avant de revenir sur l’étude qu’ils avaient faite pour faire de Air Sénégal SA une compagnie prestigieuse. « Quand on a commençait à travailler sur le dossier, on a fait une étude de marché. L’étude de marché était claire. Le Sénégal avait une position idéale pour monter une compagnie forte, pérenne. Ce qui fait que le Sénégal a cette position, c’est qu’il est entouré de 7 Etats qui n’ont pas de compagnie aérienne. Et certains de ces Etats nous avait contacté pour que la Compagnie sénégalaise soit également la compagnie nationale guinéenne. Ce qui est une opportunité forte qui peut générer 1,4 milliards de dollars par an. Et le Sénégal avec Air Sénégal, captait plus de la moitié. Donc, le marché était là, omniprésent, omnipotent », soutient-t-il.

Sur le crash de l’appareil Ethiopian Airlines qui a occasionné la mort de 157 passagers, le commandant Malick Tall a donné les hypothèses qui peuvent être émises et qui peuvent être à l’origine de l’accident. « Selon les informations dont on dispose, ce qui est à l’origine de l’accident, c’est la mise en place, à bord de cet avion, d’un logiciel qui est appelé M-CAS et qui était chargé de bloquer l’évolution de l’avion à des incidences inférieures à l’inférieur de décrochage », a-t-il indiqué.

Toutefois, cet expert aéronautique, qui capitalise plus de trente ans d’expérience, assure que malgré tout, l’avion est indéniablement le moyen de transport le plus sûr. Une statistique pour étayer ses propos : « En 2018, plus de 4 milliards de passagers ont été transportés dans le monde par des avions commerciaux. Quand on fait le décompte de personnes tuées par les avions commerciaux, cela tourne en moyenne entre 400 et 700 personnes, par an. Et, rien qu’en France, les accidents de la route font quasiment autant de victimes en un an », indique-t-il, tout en admettant qu’il faut encore faire des efforts pour réduire davantage le risque, aussi faible soit-il.

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