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« CE N’EST PAS UNE RUPTURE, MAIS UNE TENSION »

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La hausse du prix des hydrocarbures nourrit les craintes sur la poussée inflationniste dans beaucoup de pays dont le Sénégal. Malgré le conflit ukrainien, le Sénégal dispose actuellement d’un stock suffisant pour couvrir le marché. Mercredi, plusieurs stations d’essence de Dakar ont connu une rupture d’essence et de gasoil. « Ce n’est pas une rupture, mais une tension. La rupture veut dire qu’il ne reste rien dans le dépôt et ce n’est pas le cas. Cela arrive souvent aux indépendants, c’est-à-dire les privés qui n’ont pas de moyens pour importer. Je pense que la situation est réglée parce que leur bateau est en train de décharger à l’instant même », ont assuré des sources proches du Comité national des hydrocarbures (Cnh).

La Sar reprend en avril
Certains lient cette « tension » justement à « l’arrêt technique » de la Société africaine de raffinage (Sar) depuis novembre dernier. Mais les spécialistes interrogés par Bés bi précisent que c’est un arrêt réglementé par l’Etat. « C’est la loi qui stipule que tous les cinq ans, la Sar doit arrêter ses services pour faire la maintenance de ses machines, c’est ça qu’on appelle arrêt métal. Normalement, elle doit reprendre les activités à partir du mois d’avril », ajoute-t-il. Il faut rappeler que la Sar est à la fois une société de raffinage et commerciale. Elle est titulaire d’une licence d’importation. Depuis son arrêt, ses importations sont gérées par Petrosen.

32 000 tonnes de gasoil en cours de déchargement
Les autorités tentent de prendre le taureau par les cornes pour éviter une éventuelle crise. Dans ce sens, l’Etat annonce qu’un bateau de gasoil de la Sar doit accoster dans quelques jours. Celui de Petrosen décharge actuellement 32 mille tonnes de gasoil. « Les majors comme Petrosen, Total et Shell n’ont pas de problème de rupture, car ils ont un stock suffisant. Le jeudi, Shell a déchargé 9 500 tonnes de super et gasoil », confient nos sources.

Au Sénégal, le secteur des hydrocarbures comprend la Sar, Petrosen, les importateurs et les distributeurs. Par ailleurs, la crise ukrainienne a certes eu un impact sur le pétrole dont le prix du baril a dépassé les 120 dollars, mais au Sénégal, il y a un blocage sur les prix. « Il y a des pertes commerciales sur l’import par ce que ces importateurs vendent à perte et c’est l’Etat qui doit les rembourser. Ils ne peuvent pas importer aujourd’hui, vendre à perte et l’Etat les rembourse sur le champ, ça va prendre du temps », explique-t-on. A les en croire, l’Etat ne gagne rien sur le carburant. « Il est obligé de renoncer à la taxe sur les hydrocarbures afin qu’il ne se répercute pas sur le consommateur ».

Fodé B. CAMARA

26 mars 2022


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