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« CE QU’IL FAUT DÉPENSER POUR LA CHIMIOTHÉRAPIE » (DR FATOU B. DIAGNE, PÉDIATRE)

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La prise en charge des enfants atteints de cancer est très difficile, financièrement pour les familles. Pour preuve, on peut dépenser 1 million de Francs Cfa pour la chimiothérapie et cela, sans compter les frais d’hospitalisation. Une situation décrite par une pédiatre du service d’oncologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, lundi 7 mars, à l’occasion d’un don de l’amicale des femmes de l’Aéroport international Blaise Diagne.

« Il n’y a pas un enfant qui a abandonné le traitement parce que ses parents n’ont pas de moyens parce que le service est beaucoup soutenu. L’hôpital fait des gratuités, il y a aussi l’apport des associations. L’estimation du coût de la chimio est assez difficile, parce que la chimio dépend du type de cancer et ce ne sont pas les mêmes médicaments qui sont utilisés, et pas la même durée du traitement. Mais, à la limite, les bilans complémentaires, le transport et tout ce qui est traitement adjuvent. Pour dire que le coût du traitement du cancer est assez élevé », a informé Fatou Bintou Diagne.

L’oncologue souligne en poursuivant son mot qu’« il s’agit généralement de familles démunies dont les parents ont des activités irrégulières, pas de couverture sanitaire, pas de prise en charge sociale. Donc, toutes les charges reviennent à la famille et c’est assez lourd ».

Face à cette situation, la pédiatre défend que « le diagnostic précoce est nécessaire parce qu’il amoindri le coût du traitement, et permet de guérir plus d’enfants ». Parce que de l’avis de la spécialiste, dans le cancer de l’enfant, il n’y a pas de facteurs évitables connus qui peuvent permettre de les prévenir.

249 enfants pris en charge en 2021
Interpellée sur le nombre d’enfants pris en charge dans le service, le médecin a fait savoir que chaque année dans ce service d’oncologie de Le Dantec, on prend en charge en moyenne « 225 à 250 enfants atteints de cancer ». Pour 2021, nous avons eu en tout 249 enfants qui ont été pris en charge dans ce service.

« Aujourd’hui, le gros plaidoyer c’est de rappeler que le cancer de l’enfant existe et il n’a pas de facteurs évitables connus pour le prévenir. Donc le seul recours c’est de reconnaitre les signes précoces par la population générale et les soignants et faire le diagnostic le plus précoce possible », a plaidé la spécialiste. Mais aussi la disponibilité des médicaments et que les autres localités puissent bénéficier d’un centre de traitement, parce que le seul centre qui traite les enfants atteints de cancer se trouve à Dakar. Elle précise en outre que« le cancer de l’enfant guérit à près de 85 % ou plus, mais dans nos pays on est encore loin parce que nous sommes à 52 %. « Mais, avec l’appui de tout le monde on peut augmenter le taux de guérison. Il y a beaucoup d’efforts à faire dans ce sens », renchérit Dr Diagne.

Suzanne SY

9 mars 2022


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