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CE QUE CACHE LE DISCOURS ALARMISTE DE MACKY SALL

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Fort de son expérience de plus de vingt ans sur les épidémies, Dr Amadou Sall, Administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar (IPD), n’exclut "aucun scénario" sur l’évolution de la pandémie à coronavirus. "Il faut planifier la situation la plus catastrophique et espérer avoir ce qu’il y a de mieux. "Il ne faut exclure aucun scénario", a-t-il relevé, interpellé par Emedia.sn.

De son côté, le Directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (Africa CDC), Dr John Nkengasong, est catégorique : "je peux vous assurer qu’il y aura une 4e vague et peut-être une 5e." D’autant plus qu’a-t-il appuyé : "aujourd’hui, il y a sept pays en Afrique qui subissent une 4e vague déjà. Donc, c’est une question de temps."

"Pour éviter cela, il faut aller se faire vacciner, c’est tout", a-t-il ajouté. "Si nous avions des niveaux de vaccination plus élevés, nous serons plus rassurés (par rapport) au futur", a également indiqué Dr Sall.

Faible taux de vaccination en Afrique
D’où l’instance du chef de l’État, Macky Sall, sur le Pass sanitaire pour l’accès aux lieux publics. Il est revenu, à la charge, en Conseil des ministres tenu hier mercredi, donnant des instructions au ministre de tutelle, Abdoulaye Diouf Sarr, à travers la "réactivation" et "l’intensification" de la campagne de vaccination, y compris dans les établissements scolaires et universitaires. Il s’agit, détaille le communiqué sanctionnant la réunion hebdomadaire, d’examiner, en rapport avec le Comité national de gestion des épidémies (CNGE), "les modalités d’instauration d’un pass sanitaire pour l’accès aux lieux publics."

"Le fait que le niveau de vaccination ne soit pas au niveau que l’on souhaite tous, peut être une question légitime mais cela ne devrait pas freiner ce type de processus puisqu’il l’accompagne de façon naturelle. On sait que le niveau de vaccination est différent selon les endroits. Donc, c’est un outil supplémentaire dans cette lutte. Je pense que plus tôt on l’amène dans le dispositif, mieux c’est puisqu’il va impacter les voyages, les regroupements et la façon dont on lutte contre cette épidémie", a apprécié Dr Sall.

Alerte de l’OMS sur un rebond inquiétant de la pandémie
Par ailleurs, Dr John Nkengasong a insisté sur un retard à combler compte tenu du faible taux de vaccination, en Afrique. "Je pense que les pays africains sont en retard sur le plan de la vaccination. Aujourd’hui, seulement 5,5% de la population, ont été vaccinés, en Afrique. Les vaccins arrivent puis les gens ne veulent pas se faire vacciner. Ensuite, ça devient une catastrophe." D’où son appel à la mobilisation "pour un engagement social" visant à se faire vacciner pour "se protéger d’abord, protéger sa famille, et la communauté. C’est de cette seule façon qu’on va sortir de cette pandémie."

Prenant la parole, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Berthe-Marie Njanpop, a fait le point sur la présence du virulent variant Delta. A côté d’une accalmie notée, en Afrique de l’Ouest, c’est l’Afrique centrale qui connait une flambée, actuellement, notamment au Cameroun, et en RDC. "Si vous regardez les résultats actuellement, le variant Delta est toujours là, a insisté le biologiste. Le virus mute mais quel type de variant on n’aura ? On ne peut pas le prédire, avant d’avoir séquencé, analysé. Tout type de variant peut arriver, c’est grâce au séquençage, à l’analyse-laboratoire qu’on saura l’impact dans la transmission, la sévérité de la maladie".

Des propos recueillis, ce jeudi 4 novembre, à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’Atelier de formation sur le séquençage du génome et la bio-informatique du SARS-CoV-2.

Die BA
Abdoulaye Sylla (Photo)

4 novembre 2021