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CE QUE RÉCLAME LE RAPPORT

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Se basant sur environ 400 témoins auditionnés durant 871 jours, la Commission vérité, réconciliations et réparations (TRRC en anglais) a dressé un tableau sombre en matière de droits humains sous le règne de Yahya Jammeh.

Les abus que nous avons listés sont les suivants, énumère Lamin Ceesay qui a dirigé cette Commission. : arrestation arbitraire, détention illégale, tueries extrajudiciaires, tortures, disparitions forcées, violences basées sur le genre comme le viol et la castration, traitement dégradant et inhumain, chasse aux sorcières, faux traitement antirétroviraux, abus de pouvoir généralisé.

Ces violations ont, au total, couté la vie à entre 240 à 250 personnes, des Gambiens et des étrangers inclus, comptabilise la structure.

Laquelle dresse dans ce fameux document approximativement 427 conclusions pour 218 recommandations, principalement :
« Primo, engager des poursuites contre les personnes qui ont eu les plus grandes responsabilités dans les violations graves. Secondo approfondir les investigations sur les allégations concernant les auteurs des plus graves crimes dont l’objectif est de les poursuivre, bannir de la fonction publique ces responsables, abroger les lois draconiennes toujours en vigueur, faire des réformes juridiques, ordonne l’instance. »
Pour s’assurer que ces recommandations seront appliquées, la commission met en garde le futur président contre toute compromission.

« On ne peut pas au nom du "maslaha" ignorer ces nombreux abus commis sous le régime Jammeh, ont suggéré les enquêteurs. […] Une impunité de ces crimes peut constituer, à long terme, un facteur de menace pour la stabilité du pays. Ces responsables doivent payer de leurs actes », insiste-t-on en guise de testament pour la postérité.

Amadou BARRY
Correspondant à Banjul

26 novembre 2021