CE QUE RÉVÈLE LE SOMMET DE PARIS

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LR DU TEMPS

Le sommet de Paris sur la relance des économies africaines continue à alimenter le débat économique. Ce dimanche, à l’émission Lr du Temps, sur Iradio (90.3), les invités d’Alassane Samba Diop sont largement revenus sur rencontre.

Selon Amadou Kanouté, ce sommet a fini par mettre à nu les tares du continent noir. Parce que, a estimé le directeur exécutif de CICODEV, cette réunion de Paris a révélé des choses sur l’Afrique. La première, renseigne M. Kanouté, c’est qu’elle a montré la faible capacité de résilience de nos économies. Ce qui s’est largement manifesté avec la crise sanitaire qui a plongé l’Afrique dans une récession. La deuxième chose est que le sommet de Paris a révélé que, contrairement à ce que les gens pensent, la dette africaine ne préoccupe pas les occidentaux qui en tirent avantage. « Cette dette, qui représente 3% de la dette mondiale, deux fois moins que la dette mexicaine, est une poussée pour les partenaires », explique Kanouté qui déplore tout de même, le fait que cette « dette ne sert pas aux pays africains à financer, en priorité, les secteurs régaliens tels la santé, l’éducation... ». Pour lui, « ce qui intéresse les partenaires, ce n’est pas le volume de la dette, c’est tout au plus, la capacité des pays africains à générer des ressources pour un système économique fort ».

Ce 25 mai est célébrée la journée consacrée à la liberté de l’Afrique qui a vécu, dans le passé, trois décennies sous le joug colonial. Mais pour Coumba Touré, cette journée témoigne de l’échec des leaders africains. La Coordonnatrice d’Africans Rising ne comprend pas le sens du déplacement des chefs d’Etat africains dans la capitale française pour discuter des problèmes de leur pays. « Avant même de discuter du contenu, regardons la forme, le symbolisme de cette rencontre. Combien d’États, de territoires, de richesses doivent aller à la rencontre de la petite France. Analysons le message que ces dirigeants ont donné à nos petits-enfants », a-t-elle déclaré. Pour elle, dans ce contexte de Covid-19, ce sommet aurait beaucoup plus d’impact, s’il s’était tenu en Afrique. « Pourquoi les solutions en Afrique se discutent en Europe. Pourquoi pas ici chez nous. Au Sénégal, nous avons des économistes émérites qui comprennent les enjeux mondiaux », déplore Mme Touré.

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