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"CE QUI EXPLIQUE LA MONTÉE DE LA VIOLENCE"

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Le terrain politique est miné depuis quelques temps par des violences verbales. Face à cette situation, des acteurs de la société civile, de différentes obédiences, ont pris la parole pour prêcher des élections apaisées. Lundi dernier, le Cadre unitaire de l’islam a annoncé une charte de non-violence qu’il compte soumettre aux acteurs politiques pour approbation.

Analysant la situation, le directeur de publication de Financial Afrik, Adama Wade, invité de l’émission Lr du Temps d’Iradio, estime que la violence sur le champ politique est due à une absence d’idées programatiques. Les formations politiques n’ont pas de projets politiques. « Cette violence verbale traduit l’absence d’idées, de projets de société dans les différents programmes des coalitions. Nous sommes face à des égos, mais pas forcément à des projets de société », fait-il remarquer.

Selon M. Wade, il y a également le recul de l’Etat en tant qu’arbitre du jeu politique. « On ne doit pas se rapporter à la morale pour réguler le débat. Il faut que l’Etat avec ses moyens de coercitions puisse s’interposer entre ceux qui veulent la liberté d’expression et ceux qui ne le veulent pas. La liberté d’expression est garantie par la constitution. C’est très simple. L’Etat doit jouer son rôle. Il ne doit pas transiger par rapport à la liberté d’expression, de manifester, d’exprimer ses opinions de manière écrite ou bien sur la voie publique », a déclaré l’invité de Lr du Temps.

Son co-débatteur abonde dans le même sens. Journaliste-formateur, Ibrahima Bakhoum note qu’il y a cette tension politique, mais qu’aucun des acteurs ne veut porter le chapeau. Ils se renvoient la balle. « Toutes les voies autorisées ont alerté. Mais à chaque fois, on a comme l’impression que ceux qui disent que nous voulons la paix sont ceux-là même qui posent des actes qui vont à l’encontre de cette paix. Qu’est-ce que nous voulons ? Aller à des élections apaisées, parce que nous sommes une démocratie. Le principe dans une démocratie est que chacun peut dire ce qu’il a à dire dans le respect des règles démocratiques. Mais nous sommes arrivés à un stade où chacun des acteurs politiques a la forte conviction que c’est son adversaire qui ne veut pas la paix. Et chacun se prépare à quoi ? C’est ça qui est dangereux », a-t-il fait savoir.

Babacar FALL

21 novembre 2021