CÉLÉBRATION DES DIX ANS DU M23 : « POURQUOI NOUS NOUS SOMMES ABSTENUS »

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JURY DU DIMANCHE

Présent devant les grilles de l’Assemblée nationale, contre le ticket présidentiel et le quart bloquant, le 23 juin 2011, Bruno d’Erneville, membre des conseils exécutifs d’organisations patronales comme le Conseil National du Patronat du Sénégal (CNP), et la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), avait également offert à tous ses employés une journée chômée et payée pour soutenir l’action du mouvement M23.

En 2021, commémorant les dix ans du M23, le président du parti pour l’action citoyenne, et membre de la Coalition Jotna (opposition) a préféré s’abstenir. Il s’en explique devant le Jury du dimanche (JDD), ce 27 juin, au regard des manifestations du M23 et du Mouvement pour la défense de la démocratie (M2D).

"Nous ne pouvions pas choisir"

"Nous, pour cette manifestation de 2021, nous avons regretté de n’avoir pas pu participer. Mais honnêtement, lorsque nous avons discuté sur l’opportunité d’y aller, nous nous sommes demandé est-ce qu’il fallait aller à la manifestation du M2D ou à celle du M23. Bien que dans cette du M23, il y avait des membres du pouvoir, ce que j’ai dit y compris à mes amis de l’opposition, c’est que ces membres du pouvoir étaient parmi ceux qui combattaient le 23 juin 2011, donc la victoire que nous avions obtenu, c’est aussi la leur. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas respecté la charte et je dirai le code d’éthique qu’on s’était donné avec le peuple."

Poursuivant, il écarte le M2D sur le débat relatif à la paternité du M23 : "je me suis abstenu ainsi que mon parti parce que nous ne pouvions pas choisir. Le M23 a une intimité naturelle. C’est le M23 qui a organisé cette manifestation du 23 juin 2011. Le M2D a participé aux manifestations de mars 2021, il a même suivi les manifestations de mars (2021). Le M2D n’a pas été le moteur de ces manifestations-là. La preuve, c’est que vous avez vu lors de ces échauffourées d’hier (vote loi portant modification code pénal et code de procédure pénale, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme), il n’y a pas eu de grand remue-ménage, de remous majeurs. Cela veut dire que le peuple ne se laisse pas bouger n’importe comment. Le peuple examine et lorsque c’est nécessaire et lorsque c’est judicieux, il sort."

Quid du 25 juin ? "Je dirai laissons les choses avancer. Puisque de toute façon, nous n’y pouvons rien. Moi, je n’étais pas à l’Assemblée pour recueillir les lacrymogènes. J’en ai déjà assez pris sous Wade. J’en ai pris un peu sous Macky Sall. Désormais, je le ferai lorsque je considérerai que c’est le moment de le faire. Je serai encore sous le macadam quand ce sera nécessaire. Là, je n’ai pas voulu le faire parce que je savais qu’ils allaient aux forceps, et qu’ils allaient voter cette loi. J’ai préféré aller avec ma coalition à Mbacké pour préparer les locales. Je crois qu’il ne faut pas qu’ils nous divertissent. Pour répondre à ce monsieur (internaute), on jugera cette loi, à son application. Lorsqu’il s’agira de juger les individus, nous apprécierons, si la démarche est cohérente."

Pour l’heure, il déplore la forme, arguant qu’une "loi aussi importante que celle-là mérite d’être discutée et pas que seulement à l’hémicycle".

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