CÉLÉBRATION GRAND MAGAL : ENTRE PRIÈRES, RECUEILLEMENTS ET RÉJOUISSANCES

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TOUBA 2019

18 safar ! Un jour particulier dans le calendrier musulman. Elle commémore le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride. Il est célébré, comme l’avait recommandé Khadim Rassoul, partout dans le monde plus particulièrement dans la cité religieuse de Touba où des milliers de fidèles, venus des quatre coins du monde convergent.

Ce jeudi, c’est le grand jour. Touba est plein à craquer. Les rues et les ruelles sont bondées de monde. Il faut se jouer les coudes pour se frayer un chemin. Accéder à la grande mosquée pour se recueillir est un véritable parcours du combattant. Il faut des heures pour y parvenir. Mais, les fidèles, très dévoués endurent l’épreuve. Sous le soleil de plomb, pauvres, riches, enfants, adultes, vieux, hommes ou femmes, les fidèles sont massivement venus renouveler leur adoration à Dieu et à Serigne Touba.


Un jour pas comme les autres

Des sachets d’eau fraiches et des tasses de café sont distribués aux pèlerins. L’engouement et la dévotion sont perceptibles. L’ambiance du Magal est au summum. Un concert de Khassidas est joué dans la ville. Des hauts parleurs installés un peu partout aux alentours de la grande mosquée distillent des « Xassidas » de Serigne Touba.

Sur l’esplanade de la grande mosquée, des fidèles sont assis à même le sol. Les uns lisent le Coran, d’autres prient. Des zikrs sont entonnés en chœur par des talibés mourides.

Venu de Sicap Dieupeul 2, Mamadou Dramé dégouline de sueur. Ses pairs de chaussures, entre ses mains, il affiche une mine de satisfaction en sortant de la grande mosquée. « Je viens d’accomplir mon ziarra. J’ai fait le tour de tous les mausolées des Khalifes qui sont dans la grande mosquée. En bon talibé mouride, j’en suis vraiment fier », confie le sexagénaire qui a passé plus de 30 minutes à faire la queue. Fatigué, il rejoint son site d’hébergement où dit-il, les réjouissances l’attendent.

Physique athlétique, vêtu d’un tee-shirt à l’effigie de Mame Cheikh Ibrahima Fall, ses chaussures rangées dans un sac en papier, Abdou Seck patiente dans les longues files indiennes. Issu de Bambey, il ne pense pas venir jusqu’à Touba sans entrer dans la grande mosquée. « Je patienterai le temps qu’il faudra. Je ne sens aucune fatigue. Je vais suivre le rang pour pouvoir entrer dans la grande mosquée pour dire un voeu et formuler des prières », dit-il.

Venir à Touba pour décrocher son bac

Elève en classe de terminale, Ndèye Mery Lo, en compagnie de son père a déjà effectué son « ziarra ». Elle dit avoir formulé des prières pour l’obtention de son baccalauréat. « Je viens de me recueillir dans les différents mausolées de la grande mosquée. J’ai d’abord été au mausolée de Serigne Fallilou Mbacké et au mausolée de Serigne Moustapha Mbacké. Je suis profondément émue. Nous ne pouvons jamais remercier Serigne Touba. Que Dieu lui rétribue tout ce qu’il a fait pour nous », déclare-t-elle.

En effet, si certains privilégient les ziarras le jour du Magal, d’autres optent pour la lecture des « Xassidas ». C’est à l’image de Moustapha Diagne, un thiessois, rencontré à l’esplanade de la grande mosquée. Assis sur une natte, nous l’avons trouvé en train de lire « Sindidi », l’une des œuvres du fondateur du mouridisme. « Nous sommes venu répondre à l’appel Serigne Touba. C’est une obligation tant que nous avons les moyens et la force de le faire. Le Magal de Touba est un jour de gloire. Il s’agit de faire du bien et d’éviter le mal ».

Le Magal de Touba, c’est aussi les réjouissances. Les pèlerins ont l’embarras du choix sur les menus qui leur sont proposés gratuitement. Les habitants de Touba ne lésinent pas sur les moyens dans les actions de grâce.

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