image

CES MANIES QUI ONT ISOLÉ CONDÉ ET PRÉCIPITÉ SA CHUTE

image

"Pour beaucoup de chefs d’’État, c’est bon débarras", affirmait le président Bissau-Guinéen, Umaro Sissoco Embaló, parlant de la chute d’Alpha Condé, en Guinée. Selon Jeune Afrique, beaucoup plus que son troisième mandat controversé, ce qui a « tué » Alpha, c’est son style unique de gouvernance, ou plutôt de micro-management, qui le conduisait à décider de tout, à tout contrôler par lui-même en contournant systématiquement les chaînes hiérarchiques, au prix d’un nombre incalculable de frustrations, de rancœurs et d’humiliations.

Il a, relate la source, incendié au téléphone le directeur de la télévision en plein JT parce qu’un reportage lui déplaisait, tancé un ministre sur la foi d’une plainte envoyée via sms par une commerçante du marché (ses numéros de portable relevaient quasiment du domaine public), surveillé le débarquement des cargaisons de riz vietnamien sur le port de Conakry, profité d’un entretien avec l’émir du Qatar ou le président de la République française pour appeler la terre entière et contraindre ses interlocuteurs, aussi surpris que gênés, à échanger quelques mots au téléphone. "C’était cela le style Alpha. Celui d’un chef d’État de 83 ans qui, rentré de Turquie à 7 heures quelques jours avant le putsch, se rendait directement de l’aéroport aux bureaux de ses ministres, histoire de coincer les retardataires", ajoute François Soudan, qui l’a bien connu.

Près de deux mois, après le putsch perpétré le 5 septembre dernier, Alpha Condé est détenu par ses geôliers dans un lieu tenu secret dans la presqu’île de Kaloum, commune de Conakry.

Pour Embaló, le président déchu devrait saisir "l’occasion de se retrouver face à lui-même et de regarder ses fautes en face".

Dié BA

1er novembre 2021